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DU SOLEIL DANS TES CHEVEUX _ QUI ETAIT CETTE FILLE SUBLIME

 
 

 

 

 

 

                       DU SOLEIL  DANS  TES  CHEVEUX            

                                                 

 Le claudounet était en train de discuter avec les chauffeurs civils de l'armée de terre, quand une blonde est passée.

      Je n'ai pas porté une particulière attention, mais ces deux hommes que l'on croirait sortis d'une bande dessinée se sont regardés, l'oeil en coin et le sourire narquois, et ont décidé de me jouer un bon tour.

     Ils étaient petits et replets, la trogne bien illuminée, la parole facile et l'humour grinçant.

     J'étais tout jeune  plein d'émotions juvéniles, et de caractère à croire n'importe quoi.

    Aussi quand ils m'ont dit: vise la blonde qui vient de passer, elle t'a regardé avec insistance, tu lui plais, fais voir que tu es un homme, va la rejoindre, elle t'attend.

   Pris à contre-pieds et déstabilisé, je ne pouvais faire autrement que de leur prouver que je n'étais pas le timide qu'ils pensaient.

   Je boutonnais mon blouson, je coiffais mon calot, et je suis parti à pas comptés pour rejoindre cette  jolie fille qui en fait, s'était arrêtée quelques centaines de mètres plus loin, s'était accoudée au rempart qui dominait l'immense vallée au pied de la montagne de Laon.

   J'arrivais à sa hauteur, c'est vrai qu'elle était très belle, elle portait ce que l'on pourrait qualifier de per-imper, qui avait la particularité d'être réversible, rouge d'une face avec un col d'un beau jaune pastel, qui pouvait se porter jaune avec un col rouge.

  Ce matin -là il faisait frais, mais le soleil était déjà brillant et illuminait cette silhouette qui se détachait sur fond d'azur, de beaux cheveux longs et blonds,   lui faisaient une auréole d’icône.

  J'avançais jusqu'à sa hauteur et m'accoudais à son côté, participais à l'immense beauté du paysage qui se découvrait à nos yeux.

  Nous partagions les mêmes images, je sentais un parfum frais et respirais cette jeunesse qui me ravissait.

  La conversation s'engagea d'une banalité habituelle dans ces cas-là, mais elle s'est retournée vers moi, et ma regardé, noyant ses yeux dans les miens, m'offrant un sourire qui me fit monter le rose aux joues.

  Je contemplais ses beaux cheveux et ce blond des blés mûrs sur ce vêtement rouge anglais qui me ravissait, me transportait et je sentais les battements de mon coeur s'accélérer au rythme de celui de ses cils longs et soyeux.

  Je posais une timide question tout à trac d'un refus certain, s'il  était possible de se revoir pour poursuivre cette conversation, et ma surprise fut grande quand le oui a été prononcé,  comme celui qui est murmuré au pied de l'autel.

  Nous nous sommes quittés sur ces derniers mots, je l'ai regardée s'éloigner et suis revenu d'un air détaché vers mes railleurs et complices par défaut, mais mon pas était léger,  mon oeil était brillant, mon coeur cognait fort dans ma poitrine et les quolibets avaient cessés.

  J'attendrai donc ce rendez-vous avec grande impatience, je m'y rendrai, et je vous rn reparlerai

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<?XML:NAMESPACE PREFIX = O ?>  QUI ETAIT CETTE FILLE SUBLIME ?              

 

 

                                      

 

Je réfléchissais qui était ma charmante rencontre, et amoureuse à n'en pas douter, apprentie coiffeuse qui continuait ses cours pour atteindre à un CAP, à une situation, mais nurse pour le moment, servante alors, donc bonne.

 

 

    Une petite désillusion de ce piètre état, en fonction d'un éventuel avenir.

    MAIS JE L'AIMAIS DEJA, alors en fait tout le monde est toujours servant de quelqu'un.

    Elle était élevée chez ses grands-parents, des gens simples en retraite.

    Ils habitaient une petit bourg à quelques km de Laon, une petite maison dans une ruelle qui donnait sur les champs, la vie de la campagne, qui ne plaisait pas trop à ma nouvelle amie. Elle y retournait en bus, le samedi soir pour y passer le dimanche à s'ennuyer mortellement selon elle.

     Elle revenait le lundi pour reprendre son travail chez ses employeurs, ce qui consistait principalement à s'occuper de trois enfants scolarisés.

     Elle allait les conduire à l'école libre, et les rechercher pour le repas.

     Les reconduire ensuite, et comme ses patrons étaient au travail, elle avait du temps libre.

     Elle n'avait pas pu rester avec ses parents

     Sa mère était partie, et son père, garde mobile, s'était remis avec une Allemande qu'il avait connue lors d'une garnison en République fédérale d'Allemagne.

     Son père changeait souvent de lieu de séjour, elle ne s'entendait pas avec sa belle-mère, il avait donc été préférable de venir vivre auprès de ses grands parents paternels.

     Elle était entrée en apprentissage de coiffure,  cela lui plaisait énormément, elle était faite pour ça.

    Jolie, soignée, de magnifiques cheveux blonds longs sur les épaules.

    Trop belle en fait, car la patronne n'avait pas tardé à devenir jalouse, et rapidement elle avait du quitter son travail. Son patron était tombé sous le charme de cette fille pulpeuse et fraîche.

    C'est comme ça qu'en attendant mieux elle était entrée au service d'un couple cadres moyens qui avaient plusieurs enfants scolarisés, et qui l'hébergeaient tout en lui laissant une certaine liberté, afin de continuer des cours de coiffure.

    Nous n'avions donc l'un comme l'autre que de piètres situations, mais une situation ça s'obtient, nous étions jeunes et l'avenir était devant nous.

             

                                                 Il était Dimanche 13 H, je ne n'étais  pas de permanence, Je pouvais donc partir de bonne heure pour rejoindre la station du petit tram qui allait me descendre dans la ville d'en bas

                 Références des images                         

Carte postale du petit tram ( d'IB )

               Laon 02 ville médiévale, photos, Aisne, Picardie, tourisme, monuments historiques

http://www.laon-ville.net/   

              Laon d'hier et d'aujourd'hui

http://www.laonnois.com/hier_auj.htm

http://www.vacanceo.com/albums_photos/voir-photo_231047.php

                  Références des images                         

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                                CHARMANT PETIT TRAM

 

 

 

 

 

 

 

 

Je descendais à pas rapides la rue principale qui me menait vers la place de l'hôtel de ville, et là sur le coté : une petite gare avec un petit tram qui attendait qu'il soit l'heure de partir.

Peu de voyageurs ce dimanche en début d'après-midi, alors que dans la semaine il faisait des allers- retours entre la ville haute et la ville basse, emmenant une pleine voiture de gens qui se rendaient à leur travail, bien coquettement habillés, des secrétaires des employés des différents services que comporte une petite préfecture de province.

Le départ était donné par un tintement de clochette, et il démarrait, la première courbe se négociait dans un grincement de fer rouillé, car il descendait sur le coté de la route en lacets.

Il accrochait par son dessous une crémaillère et à chaque dent, le bruit se répercutait et me faisait comme une chanson qui reprenait les trois syllabes du prénom de cette inconnue que j'allais rencontrer.

Mais à un certain moment, vaillamment il se désolidarisait des courbes et sur un viaduc il surplombait les jardins qui entourent cette colline sur laqu'elle la ville est bâtie et partait en ligne droite avant de reprendre un peu plus loin les virages serrés.

Personne à cette heure dans les jardins, dans les étages des maisons en contrebas les gens étaient à table pour leur repas dominical.

Et il allait toujours et toujours ce petit tram avant de négocier le dernier virage qui l'amenait à la station du bas, et les derniers mètres s'effectuaient sur terrain plat, ce qui était bien pratique pour qu'il puisse s'arrêter dans un grand bruit de freins bloqués ferraille contre ferraille.

Je descendais et faisais quelques pas dans cette avenue qui menait à la vraie gare celle-là

Pas de mouvements, tout était calme, j'étais en avance et le soleil était de la partie.

Il allait être bientôt l'heure qu'elle m'avait indiquée pour son arrivée.

Serait-elle là?

Viendrait-elle?

Autrement je n'aurais qu'à faire un petit tour en déambulant sur le trottoir en attendant de reprendre un autre voyage pour retour à ma case départ.

De loin j'entendis le bruit d'un car qui arrivait

Un gros bus tout poussif, tout bleu foncé avec des vitres recouvertes de poussière, et personne.

Je ne voyais personne

Pourtant dès qu'il fut à ma hauteur, je commençais à distinguer quelques têtes, et miracle.

Je croyais bien avoir aperçu une belle chevelure blonde et un visage qui front collé à la vitre regardait, cherchait.

C'était elle

Probablement dans la même pensée que moi

Serait-il là?

Oui, j'étais là

Et elle arrivait

Mon anxiété s'envolait, elle venait me rejoindre, nous allions être ensemble quelques heures.

Qu'allions-nous dire, qu'allions-nous faire?

 

                                               
 
                                                         
                                                         
          

'Arrivée des bus

Une terrasse à l'ombre   

Le petit tram

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                                 PREMIER RENDEZ VOUS                 

                                           

                                                                                                              

C'était un ravissement de la voir descendre avec une certaine élégance de ce bus, car ce n'est pas évident avec une jupe moulante.

 Il s'agit de tirer un peu vers le haut, pas trop, mais suffisamment pour permettre une enjambée et souvent c'est un geste gauche, alors que là ce n'était pas le cas.

    Jupe moulant bleu marine, chemisier blanc col officier légèrement ouvert, demi transparent laissant voir un soutien-gorge blanc en dentelle, < un Lou > que je reconnaissais au premier coup d'oeil.

   Etant un VRP en lingerie fine, c'était une marque concurrente à la mienne, donc vous comprenez pourquoi je pouvais l'identifier.

   Du reste à cette époque, il n'existait pas de lingerie de pacotille, il n'y avait que des marques de haut de gamme : Valiser, scandale, et bien d'autres, comme de même les collants n'existaient pas, et les bas étaient chers et très fragiles, rien que les enfiler pouvait les démailler.

  Les femmes, en portaient rarement l'été, donc jambes nues, quelques fois petites socquettes, elle était donc de cette façon vêtue, il faisait chaud et elle portait son per-imper rouge sur son bras replié, d'un petit geste mignon de la tête en arrière elle relevait ses cheveux de son front.

   Nous avancions l'un vers l'autre et nous nous serrions la main. On n'embrassait pas comme maintenant en toutes occasions, non pas par pudeur, mais ce n'était pas courant ;

      Une terrasse en face bien à l'ombre nous paraissait tout indiquée pour nous détendre et faire connaissance.

    Elle habitait chez ses grands-parents dans un petit bourg à quelques kilomètres d'ici, son Père Militaire de carrière était à l'étranger, elle n'avait pas connu sa Mère, mais avait une belle-mère et la cohabitation était incompatible, et c'était la solution choisie.

    Elle avait fait son apprentissage de coiffeuse, mais avait dû quitter le salon, car la patronne jalouse de sa beauté et de l'intérêt que lui portait son époux l'indisposait et son congé lui avait été signifié.

    Elle avait donc retrouvé une place de servante chez un couple pour s'occuper des enfants, c'est en revenant de les conduire à l'école qu'elle était passée par cette petite rue qui longeait le rempart, s'était arrêtée pour contempler ce magnifique paysage, quand je l'avais rejointe.

    A la question que prenez-vous elle avait répondu une orangina, je ne connaissais pas cette boisson, j'avais donc pris la même chose c'était délicieux et il y avait un commencement de complicité de ce fait, boire la même chose et parler, échanger, se comprendre.

    Ne pouvant rester là tout l'après-midi nous allions nous promener dans les jardins et parcs qui entourent la ville.

    Nous marchions l'un à côté de l'autre, car il était interdit aux militaires d'avoir une tenue non réglementaire et particulièrement de tenir une femme par le bras, mais dès que le portillon fut franchi, c'est la première chose que je faisais.

    Elle releva un peu son bras en se serrant contre moi, dans un geste de consentement et de recherche de protection, ce qui fait qu'en écartant légèrement la main, je sentais le galbe de son sein, c'était mon premier contact avec son intimité qui me rendit heureux et fier.

    Un banc à l'ombre et c'était la chose la plus rêvée.

    A mon tour, je lui parlais de moi, de ce que je faisais, avant d'avoir été appelé pour mes obligations militaires.

    Nous étions maintenant assis l'un contre l'autre, et je sentais un parfum bon marché, mais discret et frais, je sentais sa cuisse contre la mienne, ses yeux se noyaient dans les miens, sa bouche pulpeuse était près de la mienne, et d'un petit geste audacieux j'y déposais un baiser léger.

   En me le rendant, je sentais le parfum de son discret rouge à lèvres et le petit baiser se transformât en un baiser plus appuyé, ses lèvres s'écartèrent dans un assentiment et ce fut le premier baiser d'amour profond, long et explorateur.

   Ma main caressait cette cuisse ferme et chaude, et nos baisers se succédaient de plus en plus excitants, de plus en plus amoureux, alors que nos mains s'entrelaçaient que nos corps vibraient à l'unisson.

    Mais il était l'heure de regagner pour ne pas manquer le départ du bus 

Un dernier baiser, un dernier sourire, un petit geste de la main qui disait à bientôt et dans le nuage de fumée noire laissé par l'échappement de ce car tout se finit.

 Et je restais planté là à regarder s'éloigner cette fille qui m'avait bouleversé.

    Mon retour par le petit tram me parut court car mes pensées étaient toutes fixées sur ces instants délicieux, il ferraillait toujours et les dents de la crémaillère à nouveau, en cadence me délivraient une chanson, toujours la même les trois syllabes de son prénom.


 

 
                           

  

 

                                              UN  VRAI  BONHEUR

 

 

Je me rendais tous les matins à la poste de Laon plateau, afin d'y retirer le courrier pour la Subdivision, enregistrer les recommandés, et je reprenais le chemin du retour

Dès que j'arrivais à la hauteur de la place, je descendais par les ruelles du vieux Laon, vers des jardins et squares en contrebas, où ma belle m'attendait.

Elle était assise sur un banc et dès qu'elle m'apercevait, venait ma rejoindre, m'entourait de ses bras et m'offrait sa bouche, nos lèvres s'écartaient dans un baiser langoureux, où nos langues se mêlaient, se repoussaient, se reprenaient, notre souffle était court, une légère plainte me faisait comprendre l'envie qu'elle avait d'encore plus de baisers, plus de contact, son corps se serrait contre le mien, je sentais sous son chemisier les tétons de ses seins se durcir. Je sentais la courbe se son ventre et le renflement précieux de l'objet de mon désir.

Ma bouche courait le long de sa nuque, mes lèvres lissaient ces longs cheveux mes   mains pétrissaient ses hanches et nos ventres, l'un contre l'autre plaquaient nos intimités délicieusement épanouies. Sur le banc qui nous recueillait, c'était deux corps tendrement enlacés, des bouches que se soudaient, les mains qui caressaient, les courbes de ses seins, son ventre, ses cuisses, pendant qu'elle, à son tour allait à la recherche de ce qu'elle désirait découvrir.

L'abandon ne pouvait être total, car si quelqu'un arrivait au bout de l'allée, il fallait reprendre ses esprits et se tenir correctement. J'étais en tenue militaire, et de plus en service, je n'avais rien à faire dans ces jardins en compagnie d'une jeune fille, alors qu'au bureau on attendait l'arrivée du courrier.

Il fallait gagner la sortie des jardins, se quitter, et dans une dernière pression de nos mains, se dire à demain.

Je regagnais alors l'air dégagé en sifflotant les bureaux où l'on m'attendait. Personne ne faisait de réflexion, car on ne savait pas exactement le temps que j'avais du attendre à la poste,  trier mon courrier, enregistrer les recommandés, et faire la route à pieds

   

                                                                 

                                                                      

Tags associés : soleil, cheveux, etait, fille, sublime

 

LE PETIT BAL d'ORLY _ LES RICAINS

   

    

                                           LE  PETIT  BAL  D’ORLY

                                                 

  Grande tristesse en cette fin de semaine, j'étais de permanence  et je devais donc rester afin d'assurer la sécurité, recevoir les messages et les transmettre à l'officier de service. Je ne pouvais pas sortir avec ma nouvelle amie.  Après l'avoir conduite à son car et attendu jusqu'à la dernière minute, enlacés et s'embrassant, j'ai dû la laisser partir avec mille promesses de n'avoir de cesse de penser l'un à l'autre, à chaque instant, de s'aimer encore plus fort en étant séparés. 

   J'ai eu pas mal de travail du reste. Il y avait une réception chez le commandant qui était officier de permanence, et qui ne pouvait rester là. Il m'a laissé les consignes, au cas où il se présentait quelque chose de spécial, de prendre le vélo et d'aller le prévenir. Je m'apprêtais donc à passer une soirée bien tranquille, quand le téléphone sonna. C'était l'Etat Major de < la Région >  qui demandait l'officier de permanence. Conformément aux consignes, je prenais le message. 

   Un convoi d'essence quitte Lille à 22 H et empruntera les itinéraires suivants: ...., traversera le territoire de votre subdivision de :... à ... sera au point < A > vers 23 H 40, mettez le dispositif de sécurité en place et rendez compte.    Ah bien, pas dans la mouise, que faire .   De suite chez le commandant.  Arrivé en pleine réception, musique, jolies femmes, fringants officiers, personnalités importantes, dont le préfet.On m'offre une coupe de champagne en attendant qu'il lise le message et attente des ordres.  Voilà ce que tu vas faire :   téléphoner aux gendarmeries sur l'itinéraire du convoi et il me donne la liste 7 ou 8,  leur délivrer le message, leur donner l'ordre de se mettre en place et rendre compte. Quand tu auras reçu la confirmation, téléphone à l'officier de permanence de< la Région > et va dormir. Bien mon commandant. 

    Allo gendarmerie de ..., _oui ici gendarmerie de ...._ délivrance du  message et : mettre en place le dispositif de sécurité et rendre compte. > Bien mon commandant, à vos ordres mon commandant  > < cuirassier de première classe (oui, quand même) j'étais vite monté en grade >.  

Ensuite le retour, une par une les gendarmeries rendaient compte de leur mise en place à < telle heure >   Récapitulons tout ces messages et un message à la région < comme quoi le dispositif était en place à < telle heure > à < tel endroit > et la suite. Fin de message.

 C'est le lendemain, dimanche dans l'après midi, que le stress m'est monté. J'étais de permanence, à l'accueil,  rien à faire le dimanche, à part un éventuel message téléphoné,  il fallait être là . J'avais quitté mon amie le vendredi soir, et entre deux baisers nous nous étions donc promis de penser l'un à l'autre à chaque seconde, mais je ressentais comme une angoisse, j'avais comme une certitude qu'elle était bien loin de sa promesse. Elle m'avait expliqué que quelques fois elle allait dans une salle de bal de café de son village. Ce n'est pas très gênant, mais c'est quand même là que les rencontres se font et se défont, que les couples se forment, que les corps se rapprochent et que dans la semi obscurité pas mal de choses semblent permises.

Un de mes collègues, rentrant de sortie et me voyant soucieux, m'interroge sur cet état. Je lui explique que j'ai comme une certitude, qu'en fait de penser à moi, elle est au bal à se divertir.

Le plus simple pour lever le voile est de s'en assurer, je fais le numéro de ce café, j'ai un interlocuteur et je lui demande de prévenir Mademoiselle Nicole L... que son père est en transit à Orly, en provenance d'Allemagne pour une autre destination et qu'il désire lui parler d'urgence,  que c'est très important. Son père, était garde mobile en casernement en Allemagne où il vivait avec une ressortissante de ce pays. Le piège a fonctionné, mon collègue avec un ventilateur, et de feuilles de copie, faisait certains bruits difficiles à identifier et d'une petite voix faisait des annonces pour les vols. C'était très divertissant pour lui, très angoissant pour moi.

Quand elle a dit allo, j'ai répondu tu t'amuses bien? alors continue, bonsoir.

Je pensais à ce moment précis que l'avenir était nettement compromis, et j'avais pratiquement, mais dans la douleur, pris la décision de ne plus la revoir.

 

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 LES RICAINS

 Les Américains ont joué un grand rôle dans ma vie à cette époque. Il ya vait déjà eu la libération, les passages de troupes

 Ensuite mes échanges avec ma corespondante de l'Utha, Miss Bonnie, la reine du rodéo

En classe nous recevions une revue qui nous parlait des USA et qui affichait des photos, de la documentation.

Me voilà ensuite affecté à la Subdivision de Laon, cette ville qui vivait en rapport avec la base aérienne de Couvron. Des contacts constants avec ses ressortissants. Une vie nocturne avec des des bars où les GI'S qui étaient prodigues en dollars, se défoulaient avec des serveuses montantes,  bière et  whisky à profusion Lucky strike et chewing-gum. La vie américaine de facilité

 

 

 

 

 

                        

 

 

 

 

 

 

 Une partie de l'Etat Major de la SUBDIVISION MILITAIRE DE LAON

 

 

 J'avais du dire à ma tendre amie que je ne pourrais la voir, car j'étais de service opérationnel durant toute la semaine de manoeuvres. En effet des paras avaient sauté au delà de la Meuse et nous devions les intercepter. La Subdivision était en manoeuvre et l'Etat Major dans le stress. Les voici du reste au travail. Assis le lieutenant Colonel Cassa....debout de gauche à droite le commandant Bou..., le général Dura...., le colonel Blan.... et le commandant de la place de Sissonne. Il manque le commandant Mois...du 2ème bureau qui est parti sur le terrain.

 

 

Quand nous revenions de permission, nous arrêtions au Suzy's bar,dans la journée, il n'y avait pas d'Américains avant 16 h, nous pouvions y boire une bière, discuter un peu avec la patronne ou une charmante serveuse.Avant de rentrer il valait mieux retirer sa cravate, car la spécialité dans ce bar, était de les couper, et de les accrocher au pafond. Nous étions 6 à l'Etat Major ( 4 détachés de régiments divers ) et deux anciens , fils de tisseurs du Nord, mariés avec de riches héritières, des privilégiés avec de l'argent plein les poches et qui n'étaient pas regardants à payer la tournée, sans ça nous aurions laissé les Américains remplir le tiroir caisse de Suzy ( au propre comme au figuré ).

 

                                               UNE PARTIE DE L'EQUIPE DE LA SUBDI

bureau à la subdi

J'en profitais pour qu'elles fasse la commission à un ami afin qu'il amène deux cartouches de cigarettes que je viendrais négocier avec lui.J'arrivais à m'exprimer dans la langue, et il me vendait du tabac au quart du prix du commerce, car ils en percevaient à profusion, comme toutes autres de denrées du reste. En tant que vaguemestre, je desservais l'hôpital militaire, et tous les copains fumaient ces blondes qu'ils me rachetaient, la moitié de ce qu'elles valaient. Je me faisais de cette façon un peu d'argent de poche, qui avec celui envoyé par les parents, les oncles et tantes, compensait la minable solde que l'armée m'octroyait ( 4 fr 50 par mois ) une bière valait 0,50. Le service militaire était de 18 mois et ce n'est qu'au dessus de la durée légale que ça s'améliorait. Je n'avais que 5 mois de fait, donc la situation financière n'était pas brillante. De petits avantages, ne pas payer le train pour les permissions, des timbres gratuits et des cigarettes (logé, nourri, blanchi

                                                             DE PERMANENCE AVEC MON AMI SECRETAIRE

                                                                  bureau subdi

 

                                                      PETITE FETE AVEC LES COPAINS

equipe de la subdi

 

Ils sont fous ces Ricains d'une violence inouïe, les gendarmes pensent arrêter un GI, il se dégage, leur échappe en se jetant dans la rivière. Ayant eu besoin d'aller à la caserne de Semilly où se trouvait un point de contrôle, j'ai vu descendre d'hélicoptère, un prisonnier entravé les mains dans le dos, une cagoule sur la tête et malmené comme un assassin. Ce n'était que des manoeuvres, alors dans la réalité, la vie d'un homme compte peu pour des gens de cette trempe.

 Pour les loisirs c'est similaire, ils arrivent en civil dans des voitures immenses, ou sur des motos énormes, et ils écument les bars, jouent au billard à 6 trous avec des enjeux, et ils boivent. De la bière dans laquelle ils mettent à chaque tournée un cognac, ensuite ce n'est pratiquement plus que du cognac,tant qu'ils ne rajoutent pas une bière dedans.Ils lutinent les filles ( qui sont là pour ça ) et ils continuent à boire. A la moindre reflexion qui ne plait pas, une suprême insulte était chicken, ce sont des coups échangés, quand ça ne finit pas en bagarre générale, avec casse des chaises, dégradations de toutes sortes, des réactions de cow- boys.

 Quand la military police arrive, de vrais colosses au casque blanc ( mais souvent noirs ) , avec brassard, révolver à la ceinture et matraque imposante, tout les combattant se calment. Peine perdue car les coups de matraque pleuvent de toutes parts et de la salle de l'établissement, ils sont sortis < manu militari > embarqués dans un camion débaché. Ils sont enchaînés pieds et mains à un banc latéral, ce pick up est garé sur la place pendant que la patrouille continue sa ronde.

 

 

 

                           

 

Pendant des heures en chemisette par le froid, la neige, la pluie ils sont là à attendre malgré leurs plaies et bosses. Quand le calme revient sur la ville, le camion repart vers la base et ses passagers sont jetés en cellule de dégrisement après avoir à nouveau reçus une correction sévère. Les M.P. embarquent sans distinction de grades ou de nationalité, mais ils ne bastonnait pas les nôtres. Ils les écrouaient avec les leurs .

Vers 10h le lendemain,  nous recevions à la subdi un appel pour aller rechercher les militaires français qui s'étaient retrouvés dans ce panier de crabes. Il n'y avait qu'à transmettre à la caserne du train automobile, afin qu'ils aillent les récupérer. La difference est que la nuit terminée , les Ricains reprenaient leur travail, les nôtres par contre rentraient en prison

 

 

 

Tags associés : petit, orly, ricains

Mardi 19 Février 2008 à 17h17 dans Blonde tu etais1 commentaire(s)
 

LE REMPART COMPLICE

le rempart domine les pentes d'où par le jardins et ruelles, escaliers et. grimpettes on descend vers la ville basse.
Ce mardi matin, une silhouette à l'imper rouge était à admirer le paysage.
Elle m'attendait, m'espérait.
Que faire ? résister à l'appel de mon coeur, qui battait très fort dans ma poitrine,
difficile, elle était si belle,
 tentatrice les cheveux au vent à contempler le panorama
Je la voyais du bureau ou je me trouvais et mes collègues m'incitaient à la rejoindre.
Je me trouvais partagé entre ces divers sentiments
Il faut dire que je me méfiais énormément des emballements de mon coeur.

J'avais eu déjà de nombreuse déception et pourtant qui n'étaient pas de ma faute.

Je me suis fait remplacer pour ma permanence, et je l'ai rejointe, elle s'est retournée , les yeux plein de larmes et  s'est serrée contre moi, mais je n'ai pu la prendre dans mes bras, au contraire j'ai du la repousser.
Car il n'était pas toléré qu'un militaire en uniforme, n'ait pas une tenue correcte.
Je l'entraînais dans la première rue où je pensais n'être pas vu, et je lui donnais rendez-vous pour le soir quand je porterai le courrier à la poste.
En effet mon travail accompli, je pouvais me permettre une certaine liberté, mais toujours en dehors des espaces publics, ce qui ne manquent pas dans Laon, de par ses ruelles et ses jardins nombreux et peu fréquentés  pour gagner la sortie de ville, les grimpettes ou les escaliers.
Le soir à ma sortie de la poste,elle m'attendait et nous avons gagné les ruelles où je n'avais pas de crainte de rencontrer des patrouilles, des militaires, ou des collègues de travail.
Son intention était de me faire comprendre, qu'elle n'avait fait rien de mal en allant au bal.
Chose que j'ai compris facilement mais où jétais déçu, c'est que c'était sans moi, alors qu'en se quittant on s'était promis de penser à l'autre à chaque instant. Il y avait là un reniement de serment.
Ses baisers langoureux étaient sensés me faire oublier ce petit désagrément et elle a réussi, perverse enjoleuse.
Je lui annonçais que je ne pourrais pas la voir cette semaine, ce n'était pas par punition, mais par obligation de travail.
J'avais : Les Ricains à m'occuper
manoeuvre générale
des paras avaient sauté au delà de la Meuse, ils devaient rentrer par leurs propres moyens à leur base de Laon/Couvron,les troupes de la subdivision, et la gendarmerie devaient les intercepter
J'étais de service opérationnel.
Elle passait tous les jours devant notre établissement, le coeur battait très fort, mais je ne pouvais pas m' absenter.
Celà devait se terminer en fin de semaine, je pourrai donc la revoir dès lundi.

 
Débarrassé de mes obligations, je reprenais mon service normalement. Et à la sortie de la poste, elle m'attendait et m'annonçait une nouvelle inattendue . Ses employeurs étaient partis pour quelques jours, elle restait pour soigner le chien, et me proposa de la rejoindre le soir. Assez surpris, il me fallait pour ça demander une permission de nuit, car autrement  ( en permission de spectacle ) il fallait être rentré à minuit. Est-ce que j'allais pouvoir l'obtenir? pas si sûr . 
je l'ai obtenue relativement facilement, par le commandant du deuxième bureau.
Celui a qui j'avais rendu service en le remplaçant dans le service .
La nuit, où de permanence, il fallait mettre la sécurité en place pour la navigation d'un convoi d'essence, comme je l'ai expliqué dans la séquence.
Le petit bal d'Orly

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Mercredi 11 Février 2009 à 17h19 dans Blonde tu etais2 commentaire(s)
 

ET MOI QUI Etais-je

 

                                                               

                         

                               

                                                                                                                                                             

                                                           
                                            
                                       

 

 

 

                                                                 

 

 

 

                                 

                                                   ET  MOI  QUI  ETAIS-JE

 

                                                                 

http://www.cirquestephanezavatta.com/chapiteau.htmhttp://www.prodimarques.com/sagas_marques/dop/dop.php

 



                                                                                                                            
  images

       http://www.prodimarques.com/sagas_marques/dop/dop.php     

    Sorti du collège, pas de travail, cours du soir en comptabilité et sténodactylographie, j'avais trouvé une opportunité pour sillonner La France en tant que représentant de marques.

    Zoo Circus, Radio Circus, avec Zappy Max et Marcel Fort.

    Mon Savon, Dop Dop Dop.

 l'instar de "Ploum-Ploum" qui, de ville en ville, fait chanter aux Français un hymne à la gloire de Monsavon, le "magicien" Merlin propose d'associer un cirque au grand orchestre du Crochet. Son nom : Radio-Circus. Toute la publicité est axée sur DOP et sa nouvelle formule en tube : DOP crème. Preuve du succès, le Crochet devient le "Crochet DOP". Le chapiteau s'ébranle en 1948 et jusqu'en 1957, la France sera sillonnée chaque jour par le Radio Circus

 

    Je devais précéder ces entreprises quelques jours avant leur arrivée dans une ville et placer des produits de grande consommation, tout en décorant les vitrines des commerçants avec les publicités de ces marques.

    J'avais pour cette raison passé mon permis de conduire, et mis mon dernier argent pour celà.

    Mais ça ne s'est pas concrétisé, car handicap < non dégagé des obligations militaires >

    Il fallait donc trouver autre chose

Alors une proposition en représentation produits alimentaires pour le bétail.

En vélo, pas l'idéal mais il fallait essayer

Premier client: une grand-porte ouverte, la ferme au fond, au milieu un tas de fumier fumant et odorant et des flaques d'eau mélangées à du purin.

Le bon gros cultivateur,à la porte de son étable, me regardait progresser, sautant de droite et de gauche, petites chaussures à semelles fines, bas de pantalons retroussés.

Casquette sur l'oreille et mégot à la bouche, il me jaugeait et se demandait ce que pouvait bien venir faire cet intrus.

< produit recommandé par le ministère de l'agriculture >

Il n'avait rien à faire de ce ministère, qui soi-disant recommandait n'importe quoi.

Du reste il ne pouvait pas faire d'affaires, c'était un serf moderne, la coopérative lui achetait ses produits et il était payé en semences et en aliments, pareil pour le lait, il vivotait de la vente de menus produits comme des volailles ou des oeufs.

Second client

Une grande cour et au milieu cette fois un magnifique parterre de fleurs, l'agriculteur est rentré en a fait trois fois le tour dans sa Jeep de surplus militaires et s'est arrêté à ma hauteur.

< c'est pourquoi ? >

< combien par trente tonnes > moi qui pensais en proposer quelques sacs, j'étais bien en peine de lui répondre .

J'ai vite compris après un mois d'essai, et n'ayant pas vendu le moindre kilo, qu'il vallait mieux que je fasse autre chose.

Ce qui s'est présenté, pas du tout dans le même domaine, mais qui par contre me convenait bien mieux.

Et cette fois, je pouvais beaucoup  mieux développer ce sujet, dans les longues conversations entrecoupées de baisers, que nous avions ma tendre amie et moi .

J'étais tout à fait à l'aise et qui me permettait de sublimes explorations " en professionnel ".

Du reste ça la passionnait et elle se prêtait gentiment au jeu avec participation

J'étais devenu représentant de fabrique en lingerie fine, bonneterie, bas et chaussettes, soutien-gorges, petites culottes et autres articles.
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A 18 ans, j'avais à visiter sept départements par les trains et transports, et cela deux fois par an, collection oblige

J'ai dù apprendre à présenter des bas, à en connaître les dimentions, la finesse en deniers, la difference entre des indémaillables, des nylons, et mettre en transparence sur la paume de la main, afin de faire apprécier la délicatessse des tonsMes premiers pas de VRP dans ma jeunesse de mes 18 ans ont été en lingerie, pour des patrons juifs qui m'ont toujours respecté ( difference avec certains français )
Ils ont éssayé de me maquereauter des commissions, mais j'ai toujours été payé relativement honnêtement ( ce qui n'a pas été le cas non plus de certains français < des méthodes bien à eux il est vrai >
Je prenais une commande de 20 chemisiers
Ils en envoyaient 200 au client, qui bondissait sur son téléphone pour hurler
< pas grave du tout c'est une erreur, on ne vous facturera que les 20 commandés >
Vous conservez les autres, et vous les rendrez quand notre représentant passera pour la prochaine collection, on vous reprendra ce qui ne sera pas vendu et vous facturerons à ce moment pour le soulte >
Le client n'avait plus qu'à promotionner pour en vendre le plus possible, et ça lui évitait d'en commander ailleurs
J'étais payé de mes 20
Pour le restant c'était demie commission ( ce n'était pas moi  qui les avait vendus, bien que ce soit le client que j'avais fait ))Mais ils m'ont mis le pied à l'étrier, et mon patron arrivait de Paris le matin à 8 H chez moi
< sans me prévenir, je n'avais pas intérêt à être encore au lit >
Il m'embarquait dans  < sa Lincoln > une voiture américaine véritable pullman roulant
et visite de la clientèle ( repas restaurant de luxe ) pour moi habitué au sandwich et retour le soir du plus loin de mon secteur dans les deux heures de route, soit à la maison pour 21 h
< le temps en plus d'enregistrer les commandes  ( soit 10 fois ce que j'étais capable de ramener > "  evident "
Il gonflait le prix de son tarif pour ensuite faire des remises < de patron > que moi je n'étais pas habilité à faire
Je reviendrai sur ce domaine qui est très riche en incidents de toutes natures

 

                                                

   
 

                                            

 

 

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 Incidents dus à mon jeune âge, à mon inexpérience du métier, mais également à une méconnaissance totale de la femme dans ses réactions.

 

J'avais à faire dans ces magasins de luxe à des commerçantes d'une certaine classe, parfumées, maquillées des yeux aux ongles de pieds et qui me voyant entrer avec mes deux grosses valises avaient bien l'intention de m'expédier le plus vite possible.

Je les amusaient de par ma gaucherie, mais mon sourire et mes manières de garçon bien élevé, faisait que l'on acceptait de me consacrer quelques instants.

 

Ce fut le cas dans un magasin d'une petite ville coquette de la Somme. Je présentais ma collection, et elle contenait, des faux seins en mousse ainsi que des faux tétons, arrivé à ces articles, la commerçante me demande si ça se vend bien. La réponse fut immédiate, naturellement et il faut que j'ajoute : il y a plus de femmes qui en portent que l'on peut croire . C'était la grosse erreur .

 

Donc si je comprends bien me dit-elle, vous estimez qu'une femme est plus jolie habillée que nue. Vous changerez d'avis mon jeune ami .

J'ai plongé la tête dans ma valise afin que l'on ne voit pas le rouge de ma confusion et je suis reparti, comme j'étais venu . Sans rien vendre .

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Dans un magasin très chic de Douai, la commerçante me dit qu'elle ne peut s'occuper de moi maintenant.Est-ce que vous pouvez revenir pendant l'heure du déjeuner nous serons plus tranquilles pour regarder la collection.

Rendez-vous pris pour 13 h. Elle m'attendait et m'ouvre la porte. Nous nous mettons au travail . Je présente mes articles de collection dans la gamme de ses activités . Les bas sur le dos de ma main comme je vous ai expliqué, nous passons aux déshabillés de nuit transparents, les jupons très à la mode de ce temps, et nous arrivons à la collection de soutien-gorge.

Un modèle semble retenir son attention, elle le détaille sous toutes ses coutures, regarde en le posant devant sa poitrine, l'effet que ça pourrait donner et me pose une question que je n'attendais pas.

Est-ce que je puis l'essayer ?  En principe par mesure d'hygiène ce n'est pas une pratique courante, mais en fait rien n'interdit formellement d'accepter. Après avoir expliqué que c'était une faveur, je donne mon accord.

Elle prend donc le modèle, pour aller l'essayer dans le salon qui jouxte le magasin, et qui communique par une double porte-fenêtre ;  

Elle me dit < attendez-moi là  !!!! 

Sagement j'attends donc en rangeant quelques articles dans ma valise . Mais c'est à un merveilleux spectacle que j'assiste . Elle enlève son chemisier, et le soutien- gorge qu'elle portait et apparaît demi nue . J'étais malgré moi au premier rang, car ça se passait devant un immense miroir qui me renvoyait cette charmante image . Probablement que celui qu'elle portait, et qu'elle venait de quitter la comprimait et n'était pas confortable, car elle se massait le globe du sein gauche, ce qui pouvait se comprendre, mais ses doigts enserraient d'un mouvement tournant , le téton que je voyais durcir, et son geste de tirer comme pour l'allonger devait selon moi donner des sensations bien agréable. C'est ensuite le second sein qui recevait les mêmes câlineries . Mais où il n'y eut plus d'interrogation, c'est quand ses deux mains agirent ensemble dans de sublime caresses enveloppantes . Et ce qui était le plus érotique était de voir de longs ongles peints de couleur mauve effectuer des mouvements circulaires effleurant les aréoles, pour terminer leur course en se plantant comme des pointes dans le milieu des tétons.

Je sentais le désir qui montait en moi, et je pensais à lui demander si je pouvais l'aider pour cet essai  < MAIS >

Elle m'avait dit < attendez-moi là !!!

Alors je ne savais pas quoi faire . Si je n'agissais pas, possible que j'allais décevoir. Et si j'agissais et bravais l'interdit . Il se pourrait que ce soit considéré comme une agression sexuelle, avec toutes les conséquences qui pouvaient s'en suivre . Eventuelle plainte, et perte de mon emploi .

J'ai donc attendu, qu'elle ait terminé son exhibition, qu'elle soit revenue, habillée dans le magasin; Pour m'entendre dire que ce modèle n'était pas mal, mais que pour l'instant elle avait des arrivages récents et que nous pourrions en reparler lors de mon prochain passage . Au passage suivant, il n'y eut plus d'essayage, pas plus que de commande .( Probablement que j'avais eu tort de ne pas avoir osé ) .

D'autre part  il s'était passé un problème avec ma direstion. Une cliente s'était pris le bout de sein, dans la fermeture à glissière d'un soutien gorge d'allaitement? C'était pourtant bien protégé. Celà devait être signalé et si possible y remedier. Je suis allé à Paris, mais je n'ai pu voir que la secrétaire,le patron étant soi-disant absent. Je n'ai pas été assez souple avec elle, ne lui ai pas donné toute la valeur qu'elle attendait. Elle m'a répondu que la cliente n'avait qu'à faire attention et que l'on ny pouvait rien. Mais de retour j'avais ma lettre de licenciement pour insuffisance de production. Ce que je n'avais pas pris en compte, c'est que la secrétaire étant la maîtresse du patron, elle faisait la pluie et le beau temps dans la Maison.

Et voilà la triste déconvenue d'un jeune commercial inexpérimenté en lingeries fines. Mais si cet exhibitionnisme lui a apporté du plaisir, j'ai conservé un souvenir agréable de ces instants de charme. Et j'ai toujours , soigné mes ongles, taillés légèrement en pointe, afin d'être opérationnel dans certaines circonstances . Je n'ai du reste jamais été déçu du résultat obtenu.

J'allais pouvoir me rendre compte du bienfait de ces pratiques, car une de mes premières tendres amies , étaient très friande de les dispenser, comme de les recevoir. Griffures, morsures, pincements étaient de son registre amoureux. En fait Domi ( comme elles se faisait appeler ) ne prenait du plaisir que dans le < sado/ masochisme )

Devoir porter un col roulé en plein été, pour cacher les suçons est assez remarqué.

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Mon autre référence juive

 

C'est une charmante copine

Magnifique chevelure noire de geai, jusqu'au milieu du dos, teint mat, yeux splendides, petits seins mignons, ventre bien décoré de son triangle frisé, bouche pulpeuse avec lèvres épaisses rouge cerise, nez busqué mais pas difforme.

Fille de bonne famille

Mais Parents morts en déportation, élevée par sa grand-Mère

< Pas n'importe qui, l'ancienne interprète du maréchal Joffre >

Je suis allé les voir à Paris, magnifique appartement dans un quartier chic, la rue Condorcet.

Mais

Je n'avais qu'un imper râpé, des chaussures aux talons éculés, un métier à tirer des sonnettes.

Je n'étais pas le gendre rêvé (on visait pour elle au minimum, la valeur (médecin)

Et l'on reste dans la communauté< Passez votre chemin, mon garçon >

Merci beaucoup, madame vous êtes très aimableMais je n'ai aucun ressentimentC'est la vie, le destin en quelque sorteOn l'appelait Vicky ça faisait chic_ car Victoria ça faisait tocJe suis retourné quelques années plus tard pour la retrouver

 Ce n'était plus la même situation, plus de rue Condorcet, mais un appartement dans une cour très loin dans la rue de la Chapelle, et je n'ai pu la voir, absente elle faisait de vagues études de puériculture

J'ai eu l'occasion des années après de voir une amie commune, ayant demandé de ses nouvelles, elle aurait mal tourné après la mort de sa grand Mère, et aurait fini sur le trottoir

Chose que je n'ai pu croire

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Fernande , jolie et gentille Luxembourgeoise 

 

 

 Est arrivée en vacances, une jolie fille Luxembourgeoise, délurée à l'accent charmant.

Elle n'avait pas froid aux yeux, suivant l'expression et embrassait divinement d'après l'avis de copains qui en avaient bénéficié.
Elle avait un liste de ses amies qui désiraient des correspondants français.Comme j'étais très intéressé et toujours en manque d'affection j'étais de suite postulant.

J'avais déjà deux correspondantes, une Américaine, Miss Bonnie Lee F...de l'Utha, la reine du rodéo.Nous nous écrivions en Anglais, comme pour l'autre, une Anglaise de Manchester Miss Diana M...., mais les échanges étaient assez moyens. J'avais également fourni par la JEC, un bon copain Denis C..., handicapé moteur, qui me parlait de son Pays le Béarn et de ses activités. C'était bien, mais il est décédé. Son frère, prêtre m'a écrit pour m'en prévenir et aussi pour me remercier, d'avoir apporté un grand bonheur de par cette correspondance. J'avais donc fait une bonne action sans m'en rendre compte.

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J'ai donc écrit le premier à cette petite et mignonne Luxembourgeoise, et par retour du courrier, j'avais photos et détails sur sa vie de lycéenne. Nos échanges prirent rapidement le chemin de la tendresse et de plus en plus nous avions l'envie de nous voir, de nous serrer l'un contre.

Nous avons convenu d'un rendez-vous à Bruxelles, j'y avais possibilité de loger dans un hôtel du frère d'un ami de France. Elle viendrait de Luxembourg, par le train et j'irais la chercher à la gare.

J'ai pris le train ici à 0 heures en direction de Lille, à cette époque il n'y avait pas le TGV, on était mieux desservis par les rapides et les express, un train postal Lille/Paris et un Paris/Lille s'arrêtaient en gare. Ces trains étaient constitués de nombreux wagons postaux dans lesquels des employés triaient le courrier, qui posté le soir serait distribué le lendemain matin dans ces villes et périphériques. Mais il y avait quelques voitures de voyageurs. Des endormis qui regagnaient leur capitale, beaucoup de militaires en permission, quelques voyageurs sans bagages ou des filles de joie à l'allure désabusée. Mais à l'arrivée en gare de Lille vers 1H30, pas de train pour Bruxelles avant 7 heures .Je suis rentré dans un des bars ouverts la nuit, en face de la gare, et j'ai fait comme les autre, j'ai attendu. Il y avait un groupe de musiciens, un orchestre qui avait animé une soirée, et qui rentraient sur Paris. Ils n'étaient pas près de dormir, mais c'était une habitude, et leur conversation était très animée. J'ai appris pas mal de nouveautés sur les musiques à la mode, c'était passionnant. Café, croissants frais et départ pour la gare.

Une grande gare dans le petit matin, c'est une ambiance de gens qui rentrent, et d'autres qui partent. Dès que mon train fut annoncé, je suis monté et je n'avais plus encore une fois qu'à attendre; Puis ce fut les paysages de Belgique qui défilaient, peu de changement en fait, à part des différences de couleur sur les barrières et panneaux, de changement de son des sonneries au passage de notre train .Enfin entrée et gare, ralentissement, ouverture des portes, un quai, un autre air à respirer, Bruxelles. J'y étais et je me sentais un étranger, ce qui m'a beaucoup intimidé. Ces annonces haut parleur en deux langues. Je suis venu pour rencontrer ma mignonne Luxembourgeoise, alors j'avais le coeur léger, mais encore s'armer de patience, car elle n'arriverait que vers 11 heures, quelques heures d'attente encore.

Enfin le train est annoncé, et la voilà, petite, mignonne, souriante, la fraîcheur de sa jeunesse, dans le bras l'un de l'autre, très intimidés et toutes ces belles phrases prévues à échanger qui restent bloquées, ça va passer, le temps de prendre son bras et de sortir de la gare, comme un vrai couple d'amoureux.Trouver un petit restaurant pour déjeuner, en tête à tête, et s'aimer.

Nous sommes allés au cinéma, un film en Flamand sous titré en Français. Je ne puis pas dire de quoi il s'agissait, car comme j'explique par ailleurs, nous nous sommes prodigués ces adouceurs, et quand nous sommes sortis, c'était comme deux amants complices

                       

Nous nous sommes promenés la main dans la main, nous sommes montés au Cinquantenaire par le tram, au retour ce n'était que des couples qui s'embrassaient dans ce wagon, des militaires qui rentraient de permission, et nous qui n'avions donc aucun complexe à avoir.

Je suis allé la reconduire à la gare, accompagné sur le quai jusqu'au départ de son train, les yeux humides et le coeur serré. Les quais de gare sont vraiment omniprésents dans ma vie.

Nous avons continué à nous écrire, je lui ai demandé, si je n'avais pas été trop entreprenant ou alors pas assez, et la réponse était : c'était bien à la limite pas assez. Elle voulait donc de l'amour, mais en une première rencontre ce n'était pas facile. Nous avons continué à nous écrire, mais nous ne nous sommes pas revus, à cause de la distance et des frais que ça occasionnait.

Quand j'ai été appelé pour mon service militaire, je comptais recevoir un soutien de mes correspondantes, mais chose étrange, les sources se sont taries; Probablement que leur vie avait changée et qu'elle étaient aimées dans leur environnement?

De ce fait, je me suis retrouvé bien seul. C'est la vie.

 

 

ADOUCEURS

C'est un mot qu'il y a lieu de créer en provenance de Ado douceurs, devenant         <Douceurs > car les rapports amoureux de cette époque, n'étaient pas du tout les mêmes que maintenant.

Les moyens contraceptifs, n'existaient pratiquement pas, et de toutes façons n'étaient pas utilisés. Il y avait bien sûr des maladies vénériennes, mais rien à voir avec la contamination du sida.

La prostitution était reconnue, ces réalisatrices des désirs étaient cartées et devaient se présenter régulièrement à des visites médicales pour pouvoir continuer leur activité. Mais pour les jeunes, leurs prestations étaient au dessus de leurs moyens, d'autre part, il y avait ce problème de loi < détournement de mineur > ou < incitation de mineur à la débauche, ce qui faisait une restriction dans ces échanges.

Il était aussi de bon ton, qu'une jeune fille soit vierge à son mariage, mais surtout qu'en cas de maternité précoce, pas de possibilités d'interruption de grossesse. Ou alors dans des conditions de grands risques pour les patientes, et de suites judiciaires sévères,  pour les opérateurs.

En ce qui concerne, d'éventuels rendez-vous que se donnent les amants dans des hôtels accueillants, ce n'était pas très facile non plus. Il fallait remplir une fiche, présenter des papiers d'identité, afin que ce soit répertorié sur un livre, que la police passait régulièrement consulter, alors pour les ados, pas simple.

C'est pour toutes ces raisons que les adouceurs étaient très prisées. Il existe d'autres termes, mais beaucoup plus vulgaires, plus salaces, à la limite dégradants, alors que : quoi de plus naturel et charmant que ces couples jeunes se délivrent ces adouceurs sublimes.

 Et souvent ce n'était pas prévisible. Une sortie en car pour visiter un parc aux oiseaux rares ou des musées. Des affinités se créent parmi ces touristes, on mange ensemble, on s'isole à une terrasse pour déguster une glace. Et c'est tout naturel, que pour le retour on va s'installer à côté l'un de l'autre dans le fond du bus.

Au départ la radio délivre sa musique et les lampes veilleuses sont en service. Ensuite tout devient calme, le chauffeur met la radio en sourdine et éteint les lumières, les premiers passagers, fatigués sommeillent.

 Les tourtereaux de même, mais l'un contre l'autre.Ce qui fait que lorsque la fille laisse aller sa tête sur l'épaule de son voisin, il s'échange de petits bisous gentils et discrets, qui se transforment souvent en baisers, de plus en plus passionnés et de plus en plus excitants entraînant des caresses exploratrices. Jusqu'au moment où de par ce geste dont j'ai toujours admiré l'élégance, la jeune fille permet qu'il n'y ait plus d'entraves à la poursuite de ces douceurs. C'est alors un vrai festival de tendresses jusqu'au summum de la libération des refoulements accumulés. Un grand bonheur qui s'intériorise pour mieux se savourer et c'est la béatitude qui ne se rompt ensuite par une recherche fébrile et toujours laborieuse dans un sac de femme,  de ce  mignon et féminin mouchoir que j'appellerais cyprinette. Ce terme me plait beaucoup, car je le choisis pour le rôle qu'il a à assumer, ce qui est assez vite fait du reste, comme la remise en état des pièces de sous vêtements qui avaient été déplacées. Tout étant remis en ordre, il reste une gentille intention, c'est de permettre à son voisin de connaître ce même bonheur.

L'exploration est là, plus rapide car il n'y a pas à s'interroger sur l'opportunité de la démarche,  la présence du désir est des plus démonstrative. La main guidée n'a qu'à suivre le mouvement qu'on lui imprime. Et c'est l'extériorisation qui cette fois il faut réprimer par un baiser brûlant, car c'est l'aboutissement de ces agaceries qui libère ces désirs difficilement contenus jusqu'alors. C'est de nouveau un mouchoir qui  est utilisé dans l'instant ultime.

Il n'y a plus qu'à se relaxer l'un contre l'autre, en pensant l'un à l'autre et à ces moments merveilleux qui viennent d'être vécus.

On arrive à destination, on se dit au revoir, on s'embrasse passionnément, on promet de se revoir, on échange quelques fois les mouchoirs pour continuer à rêver. Mais souvent on se perdra de vue, il ne restera que des souvenirs affriolants.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           

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Lundi 29 Juin 2009 à 17h49 dans Blonde tu etais4 commentaire(s)
 

AMANTS

 

 

Dés la sortie du bureau, ma permission signée en poche, je suis parti en sifflotant (comme disait la chanson) je m'en vais revoir ma blonde.

Une zone de résidences pavillonnaires, on sent de suite que c'est un quartier assez aisé. J'arrive à la porte de la maison après avoir traversé un jardin d'agrément, orné de magnifiques parterres.La porte s'ouvre et voilà ma tendre amie qui m'accueille, en parfaite hôtesse de maison, ce qui me donne le sentiment étrange, d'être le mari qui rentre chez lui, à la sortie de son travail. Le parfait foyer, apéritif entrecoupé de baisers de l'un, de l'autre, des mains qui s'égarent qui se rejoignent dans des caresse furtives. Une grande impatience de n'avoir plus rien à penser, que de nous aimer, d'unir nos corps comme des amants assoiffés de désirs.Un repas léger rapidement expédié, et à nous une longue nuit d'amour.

Une petite chambre mansardée, simple mais arrangée avec goût avec des posters de chanteurs au mur, un petit cabinet de toilette, un lit, deux tables de nuit dont une avec un lampe de chevet et elle et moi enlacés. Sa toilette fut plus longue que la mienne et l'attente ne faisait que renforcer mon désir, qui se manifestait impérativement, il y a toujours cette petite interrogation, est-ce que ça va tenir?

                               

Solutionné immédiatement lorsqu'elle paraît nue comme une déesse mythologique de l'amour, parfumée, ses longs cheveux blonds peignés retombant sur ses épaules, et c'est pour moi qu'elle s'est faite si belle dans la simplicité de cette offrande

Je n'avais jamais encore éprouvé la sensation d'un corps nu contre le mien, ce n'est pas du tout pareil que les caresses que l'on peut se prodiguer dans les rencontres et les ébats amoureux. Ce sont deux corps qui se fondent l'un dans l'autre et c'est un émerveillement d'en ressentir  la chaleur qui s'en dégage, d'apprécier au toucher la demande impérative d'amour total, et l'impatience qui se révèle par les soupirs énamourés.

Blonde elle était, différence par rapport aux peaux bronzées, c'est une teinte difficile à définir, très clair tirant sur le blanc laiteux avec de mignonnes aréoles rosées, comme l'était du reste l'intérieur de ses lèvres bien dissimulées sous un soyeux triangle qui sous la lumière tamisée l'ombrait légèrement, mais qui était tapissé de fils d'or.

Nuit d'ivresse si l'on peut qualifier de nuit ces instants merveilleux entrecoupés d'assoupissements après avoir exploité toutes les possibilités que nos corps nous accordent de bonheur et de libérations de nos passions. Assoupissements de fatigue, mais que le moindre frôlement réveille les corps qui ne demandent que de nouveaux jeux érotiques et qui ne se séparent que contentés et las. Ce n'est que lorsque le jour se lève que le sommeil nous emmène avec lui, tel que nous sommes enlacés et amorphes.

Mais un militaire doit regagner ses quartiers,  c'est 6 heures le réveil, et le départ, les derniers baisers et les dernières caresses avant de se séparer.

Seul dans une rue déserte alors que l'on croit la ville endormie, on se doute bien que derrière des fenêtres certains regards sont critiques et curieux.

Toutes ces images repassent dans la tête alors qu'une pensée s'impose : ce n'est plus un flirt mais une nuit d'amants et de suite ce qui devrait être le comble de la joie, se ternit par des sentiments de responsabilités. Je ne suis plus complètement libre maintenant car c'est une situation dépendante, à moins ne n'avoir pas d'honneur, en cas de problème il faudra assurer

 

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Mercredi 25 Novembre 2009 à 17h04 dans Blonde tu etaisPoster un commentaire
 

FAMILLE

 

Dimanche prochain c'est un grand évènement, je suis invité par mon amie à la rejoindre dans sa famille pour faire connaissance de ses grands Parents, déjeuner et passer la journée avec elle. 

Après le petit déjeuner, descente par le petit tram jusque la gare et le stationnement des cars, comme il y en avait un qui partait de bonne heure, autant le prendre, car le suivant n'était qu'en fin de matinée. 

Alors en route pour passer une journée agréable en compagnie de ma tendre amie, avec une petite  

<?XML:NAMESPACE PREFIX = V ?>    Angoisse, celle de pénétrer dans un foyer inconnu  à savoir comment j'allais être reçu, non  pas par elle, bien sûr, mais par sa famille. Car il faut dire que les militaires n'ont pas bonne réputation. On se méfie des ces garçons qui ne sont que de passage. Alors que pour des parents, ils pensent à l'avenir de leurs enfants, ce qui est bien logique. 

  Comme j'avais pris le premier car du matin, je suis arrivé de bonne heure, je ne pouvais pas aller chez ces gens aussi tôt. Je me suis donc promené, un bois situé sur une colline.

Il faisait beau temps et soleil, j'étais vraiment bien dans ce sous bois, tout en marchant je pensais à la journée qui était devant moi, j'allais rencontrer les grands parents de mon aimée. 

Mais au fait, lors de notre nuit d'ivresse je me suis rendu compte qu'elle n'était pas vierge. Elle avait fait tout pour éviter que je m'en aperçoive, contracter tous ses muscles du bassin ne sert à rien car la montée du plaisir fait tout relâcher. Après tout ça n'a pas une importance capitale, je ne le suis pas non plus, alors pourquoi y aurait-il des différences. Mais ça me fait réfléchir que si elle s'était fait remercier lors de son apprentissage de coiffeuse, c'est qu'il est fort possible que la jalousie de la patronne était fondée, c'est un peu désagréable de se la représenter se donner dans une arrière boutique,  ce n'est pas à elle qu'il faudrait en vouloir mais à un patron qui profite de sa position. Mais l'image que l'on se représente est désagréable 

 Perdu dans mes pensées je marchais lentement quand soudain, je m'arrête, devant mois à quelques mètres un serpent. Une couleuvre, non une vipère, le temps de l'identifier elle disparut, qui avait été le plus surpris, l'animal ou moi ?, pas facile de répondre. Mais je faisais attention maintenant où je mettais les pieds. Du reste j'arrivais à la sortie de ce bois et un sentier me permettait de descendre vers le bourg.

  La maison où je devais me rendre était au bout d'un chemin qui menait je crois me souvenir vers un terrain de sport. Il y avait la long de cette voie quelques autres maisons, mais en fait c'était une sortie du village. Et cette petite maison était toute simple et  datait d'assez loin, il y avait un jardinet bien entretenu, avec des fleurs, ce n'était pas cossu, mais en bon état et agréable. Alors il fallait ce décider,  je frappais donc à la porte. C'est ma chérie qui m'attendait  qui vint m'ouvrir. 

De braves gens ces grands- Parents, vivant chichement mais honorablement et qui m'ont réservé un accueil amical. Le temps de la fin de la préparation du repas, ma tendre amie m'a entraîné pour me faire visiter sa chambre, j'ai à peine eu le temps de voir, que ses lèvres prenaient les miennes, que son corps se serrait contre le mien, lascive, tentante, elle me désirait, mais il n'était pas possible d'unir nos corps avec la proximité de ses parents dans l'autre pièce. Je pense que c'est ces conditions qui l'excitaient ainsi, alors je lui donnais son plaisir. Je refusais qu'elle me donne le mien, car je me sentais mal à l'aise. 

Quant à sa chambre rien de remarquable, toute simple et bien rangée, dans un coin par terre une ne pile de revues sentimentales et de romans photo. Pratiquement rien de culturel, des disques et électrophone, c'était assez limité et j'en éprouvais une petite déception. 

Un bon repas mijoté comme on sait les faire à la campagne et une conversation ciblée sur mes intentions et les futures perspectives de vie. J'étais bien gêné pour affirmer des circonstances confortables, car mon service militaire n'était qu'au quart de son parcourt, j'étais un représentant de fabrique sans travail, car j'avais du renvoyer mes collections. J'avais bien essayé de taper des tarifs, d'en envoyer à mes clients, mais je n'ai reçu aucunes commandes. J'avais eu cette possibilité quand j'avais été secrétaire au bureau de l'escadron de mon régiment avant d'être affecté à la subdivision mais ça ne m'avait pas servi à grand chose. J'étais militaire appelé à 4,50 FR par mois, je n'avais donc plus de travail, il y avait la guerre d'Algérie et probablement que j'y serais envoyé et mes parents étaient ignorants de mon histoire d'amour. Faire des projets dans ces conditions c'était bien hasardeux. 

Enfin ça c'est bien passé et j'ai pris congé en les remerciant pour l'accueil qu'ils m'avaient réservé et nous sommes partis pour une promenade dans le bourg. Après une visite rapide, le premier bosquet isolé nous abrita pour un après-midi d'amour. 

Je quittais mon amie qui me raccompagna au car et après un dernier baiser, discret celui-ci je la quittais pour rentrer vers Laon. Je pensais pendant ce parcours que j'étais engagé désormais et que je n'étais pas vraiment prêt pour ce genre de chose. Est-ce que je ne m'engageais pas trop légèrement, est-ce que je n'allais pas le regretter, est-ce qu'elle m'aimait vraiment ou était-ce pour se sortir d'une condition peu enviable ? Mais de suite les images de nos ébats amoureux venaient s'interposer à ces réflexions, la douceur de ses caresses, son impatience à savourer les miennes et l'extase qui s'en suivait faisaient que tout inconvénients possibles étaient rejetés. 

J'étais amoureux, j'en suis certain, et j'ai tellement envie d'elle que je ne suis plus moi-même 

 

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Jeudi 24 Décembre 2009 à 17h43 dans Blonde tu etais1 commentaire(s)
 

LUNE DE MIEL

 LUNE DE MIEL à REIMS

Ma chérie avait une semaine de congés, si j'arrivais à avoir une permission, peut-être pourrions nous partir ensemble . Pour celà il fallait que j'en parle au commandant, c'était dans le domaine du possible en fonction que le service le permettait. Cette permission me fut accordée, je la préparais et il la signa. Mais un problème, j'avais bien cette autorisation pour me rendre dans mes foyers, chose que je ne faisais pas, puisque nous désirions nous rendre à Reims, qui est une grande ville, proche et donc l'anonymat sauvegardé. Pas question de se mettre en civil, ce n'était permis qu'à partir du grade de sous officier, mais le problème en plus était que l'on n'avait pas le droit de sortir de ma subdivision militaire, il fallait donc que je ne sois pas contrôlé par une patrouille en gare ainsi qu'en ville. C'était courant que la police militaire à bord de leur jeep se déplace et interpelle les militaires, pour vérifier leurs papiers car la ville de Reims était une grande place de garnison.

Nous partons en fin de matinée avec un bagage léger et par un train qui nous mène à Reims vers les onze heures, afin d'éviter les patrouilles qui sont présentes le matin au retour des permissionnaires . Dans le train pas de problèmes, des soldats, mais américains qui se rendent également en ville, mais eux n'ont pas toutes ces choses contraignantes, quitté leur casernement ils sont en totale liberté et en civil .

Sur le quai d'arrivée je laisse descendre et la foule se diriger vers la sortie, et nous suivons d'assez loin, mais personne, en hall de gare, personne non plus. Alors nous pouvons sortir et de suite prendre par des petites rues à la recherche d'un hôtel pour y séjourner ces huit jours. Un petit établissement pas luxueux mais propre nous accueille, fiche remplie, je montre en plus ma permission pour ne pas que le gérant se méfie d'avoir des ennuis, le fait de mon domicile ne pouvait pas éveiller son attention car il n'y fit pas attention, surtout que je n'avais pas d'obligation de cette démarche. Il nous conduit à une petite chambre mansardée, ça suffira, et je le règle à l'avance, comme ça pas de problème ni de soupçons.

 

 

 

 

 

 

 

Le temps de remonter à la chambre elle s'était déshabillée et c'est nue qu'elle m'attendait et se jeta dans mes bras, m'aidant à me défaire à mon tour de mes vêtements et c'est complêtement nus que le lit recueillit nos corps enlacés, nos bouches unies par des baisers brûlants et nos mains cherchant à caresser le moindre espace de peau, donner et recevoir les plaisirs que l'amour procure.

Il fallait quand même penser à manger, pour ce faire nous sommes descendus et dans le rue, une petite épicerie nous a vendu quelques petites parts de fromage emballées, une baguette de pain et une bouteille de champagne. Il fallait s'organiser et nous sommes partis à la recherche un petit restaurant que nous avons trouvé du côté de cette porte romaine. Il fallait s'y rendre par les allées des jardins publics, là où il n'y avait pas de danger de rencontrer des patrouilles militaires.

Dans les rues en plus des éventuelles patrouilles, j'aurais pu être côntrolé par la gendamerie . Nous étions en période de guerre, celle d'Indochine venait de se terminer mais il y avait l'Algérie. Il y avait eu des troubles avec les rappelés qui créaient des difficultés, les CRS avaient du intervenir pour les récupérer et les conduire sous bonne escorte à un aéroport pour les embarquer de force, il y avait eu des échanges de coups, emploi de grenades lacrymogènes, et des blessés dont de graves atteintes aux yeux. les convois par trains arrivaient à Marseille avec de sérieuses dégradations . Alors un militaire dans la rue en pleine journée ça attire l'attention, en plus accompagné d'une magnifique fille blonde, un élément de plus de repérage.

Par ses allées des jardins c'était plus sécuritaire, ce petit restaurant n'était pas très cher, et nous nous contentions du plat du jour, ensuite nous regagnions notre mansarde en faisant bien attention de la sortie des jardins à la porte de l'hôtel qu'il n'y ait personne qui puisse nous dénoncer. Et nous ne sortions plus, ce qui faisait passer les journées à faire la sieste et  nous aimer, et les nuits à dormir et nous aimer. C'était très agréable mais en situation de reclus comme des gens qui se cachent de la police, alors que nous n'avions rien fait de mal.

Simplement nous aimer.

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Samedi 06 Février 2010 à 17h29 dans Blonde tu etaisPoster un commentaire
 

LA GALERE

Nous sommes de retour ce lundi matin et nous nous quittons, elle pour rentrer chez ses patrons et moi pour reprendre mon service, la séparation est difficile, mais elle sera de courte durée, un dernier baiser, et le petit tram prend sa lancée pour escalader la montagne couronnée. Reprise des activités sans problème avec de beaux souvenirs plein la tête, matinée normal, avec travail courant, quelques quolibets des collègues, admiration ou jalousie, peu importe.

Midi, les personnels sortent, et avant de refermer la porte, qui je vois près du rempart ?, mon amie et posée à côté d'elle une valise. Mais qu'est-ce qu'elle fait là à cette heure, et avec cette valise ? .Avant d'aller déjeuner en bas, je la rejoins.  <Tu repars en congés chez toi?  > < Non, je suis remerciée par mes patrons >.< Pour qu'elle raison ? comme ça, soudainement.? > <remerciée sans préavis > .Et là tu vas donc chez toi?< Non ce n'est pas possible, je ne rentre pas > <. Mais que vas-tu faire alors ? ou vas-tu aller? >.< Je ne sais pas, tout m'est égal >. < Bon là je ne suis pas libre, laisse ton bagage dans un café, je te rejoins après 17 heures on fera le point de la situation >.

Je la retrouve au café comme il était convenu et réfléchissons sur la situation, peu de possibilités à cette heure, il fallait parer au plus pressé, elle avait un oncle, retraîté du chemin de fer, qui habitait dans une cité pour cheminots dans la ville basse derrière la gare. Un accueil asez froid, je voyais bien que l'on dérangeait, et après avoir expliqué la situation, nousavons droit à une leçon de morale, du genre que c'est bien de s'aimer, mais qu'il faut réfléchir avant d'agir, ce que je ne pouvais contester, mais par contre que je n'étais pas responsable de cette situation. Il accepte enfin de la loger pour la nuit, tout en faisant comprendre que cette situation ne pouvait perdurer.

Je quittais pour remonter sur le plateau sur ces paroles, et soucieux de résoudre ce problème, mais comment? La première solution étant de trouver un logement dans l'urgence, mais pas de possibilités ce soir, il me fallait attendre demain.

Les chauffeurs civils me voyant soucieux m'en demandent la raison, je leur explique la situation. Après réflexion ils me conseillent un petit hôtel qui loue des chambres meublées, en bas de Laon, à Semilly où il y a la caserne du train automobiles, que je connaîs bien, car c'est là que nous allons chaque mois chercher notre maigre rémunération ainsi que la dotation en tabac et cigarettes. Mais je n'ai pas d'argent en ce moment pour ces dépense. Par de problème, on va t'en prêter, tu nous rendras quand tu pourras . Quand je pourrai, ce n'est pas évident. Mais il faut parer au plus pressé, alors entre midi et quatorze heures, je descends par un chemin qui serpente au milieu des broussailles, et j'arrive à cette établissement.

La chambre n'est pas luxueuse mais propre et possède le minimum pour la toilette et pour y vivre. Une fenêtre donne sur la placette devant l'établissement, pour l'entrée et sortie, c'est un couloir, donc pas d'obligation de passer par le bar où des militaires américains de la base de Couvron oublient dans le wisky et la bière, leur éloignement, du reste les chambres meublées sont occupées par des jeunes femmes qui vivent en concubinage avec ces militaires. J'accepte les conditions de location, je paye à l'avance comme c'est demandé, et me voilà loueur d'un meublé .

Demain je téléphonerai chez ses patrons pour tirer cette affaire au clair

Plusieurs jours avant d'obtenir un rendez-vous, réception fraîche au salon, le motif est celui que je prévoyais. Des personnes bien intentionnées avaient mis au courant de ce qu'il avaient vu derrière leurs rideaux. C'est un fait qu'un militaire dans une cité pavillonnaire à 6 heures du matin, vient de terminer sa nuit, et de chez qui? au domicile de ces braves gens qui sont partis en vacances et qui ont trop confiance, la meilleur preuve c'est qu'elle a été trahie par la conduite de cette fille facile à leur service.

Le ton supérieur et la morgue de ce petit cadre fonctionnaire était déplaisant au possible < je ne fume pas de troupes, moi monsieur > ces cigarettes étaient la dotation mensuelle des militaires, du tabac bon marché mais il fallait s'en contenter. Mais Nicole en fume, puisque je lui en offre, pas de grandes possibilités de discussion, la cause étant entendue. La seule chose obtenue est les indemnités dues, et encore sous la pression de sous entendus de poursuites. Ce qui n'aurait pas été facile dans nos situations et pour une somme aussi minime.

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Mercredi 24 Février 2010 à 12h34 dans Blonde tu etaisPoster un commentaire
 

DECISIONS

Ce n'était simple pour personne ce concubinage et la vie à l'hôtel, et ça ne pourrait durer très longtemps, il y avait cette question d'argent qui était préoccupante. Cela commençait à faire cruellement défaut. Je faisais de mon mieux descendant pendant ma coupure du midi, avec de la nourriture prélevée sur les rations que le train automobile de Semilly venait nous livrer, matin , midi et soir.

En effet nous étions super bien servis, du fait que c'était l'état major, les meilleurs légumes, la meilleure viande et pareil pour ls poissons, d'autre part nous devions leur communiquer notre effectif, mais souvent ça fluctait. En effet venaient manger avec nous cinq de la subdivision ( Deux secrétaires, deux plantons et le chauffeur militaire,) l'ordonnance du général, ainsi que le chauffeur du médecin chef, bien que celui -ci habitait à l'hôpital et que selon son service il y mangeait, l'ordonnance avait sa chambre chez le général, mais venait manger avec nous. Du reste le sergent des transmissions et du service du chiffre ( qui était responsable de nous ) et qui habitait à l'étage, seul dans sa chambre, devait normalement aller manger au mess des sous-officiers, mais pour cela, il lui fallait descendre à la caserne de Semilly, ça lui était plus facile de manger avec nous, puisque nous avions à profusion.

Nous avions trop de tout, de café le matin, de croissants et brioches le dimanche avec du chocolat chaud, trop de vin ( car avec un broc, si on avait tout bu, on n'aurait pas pu travailler ) ; Mais à l'armée pour quoi que ce soit, il ne faut jamais dire que l'on a trop de quelque chose, car ensuite les rations sont revues à la baisse, on n'a plus assez, et pour revenir à l'ancienne dotation, c'est mision impossible.

Mon amie se morfondait dans sa chambre à l'étage, et n'avait que de rares divertissements, à part mes visites et mes nuits passées avec elle quand je pouvais obtenir une permisson à cet effet. Le reste du temps elle lisait ces magazines pour jeunes filles et des romans photos. Elle pouvait avoir des conversations avec certaines femmes logées sur le même palier, dans la même situation que nous, mais avec des militaires américains.

Les chauffeurs civils avaient plusieurs fois fait des allusions sur leur argent prêté, ils se rendaient compte que la situation n'était pas en amélioration.

Du reste à ce sujet, l'assistante sociale de l'armée m'a convoqué à son bureau, ce n'est pas de meilleure augure.

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Vendredi 23 Avril 2010 à 16h36 dans Blonde tu etaisPoster un commentaire
 

QUE FAIRE

L'assistante sociale de l'armée m'a convoqué mais en attendant, il faut subsister, malgré les aides de mes collègues, l'argent manque .

Mon amie me confie que son ancien patron, celui de la coiffure, ne lui a pas réglé certaines sommes quand elle s'est fait mettre à la porte, qu'il lui serait possible de le contacter, chose faite rapidement, un peu trop rapidement selon moi, mais ce n'est pas le moment de faire la fine bouche. Quand je l'ai retrouvée en cette fin d'après- midi, elle était toute contente de me faire voir ces beaux billets. C'était ce qui avait été décidé et approuvé par nous deux. Mais le doute s'installe dans mon coeur, c'est de l'argent gagné bien facilement et probablement en récompense de services rendus.

L'assistante sociale me fait comprendre qu'elle est au courant et que c'est une situation qui ne peut durer, elle va me faire obtenir un secours, à charge pour moi de rembourser les chauffeurs. C'est normal, ça prouve qu'eux aussi pensaient que cette situation s'aggravait.

Quand toutes ce choses ont été réglées, j'ai écrit à mes parents que j'envisageais de leur présenter lors de ma prochaine permission, la jeune fille que je considérais comme ma fiancée, la réponse étant favorable, nous convenons d'une date et que si c'était possible, elle pourrait rester dans ma famille, ce serait plus facile pour trouver du travail, avec la proximité d'Amiens cette grande ville, et avec des transports pratiques à disposition. Ce qui ferait cesser la situation critique qu'il fallait à tout prix régler.

cette ambiance dans cet hôtel meublé n'était pas des meilleures, dans la salle en bas des militaires américains noyaient leur ennui et leur mal du pays dans l'alcool et écoutaient inlassablement les mêmes disques sur l'appareil à monnayeur

La situation en Algérie se fait de plus en plus critique. Du reste, le sergent des transmissions, qui était responsable de notre groupe est parti retrouver son unité, et nous a écrit un petit mot de là-bas, ainsi qu'une longue lettre pour moi. Il m'a envoyé un pouvoir pour toucher son argent sur son compte et m'a chargé de les transmettre à ses parents, chose que j'ai fait scrupuleusement, il n'en doutait pas un seul instant malgré qu'il connaissait ma situation, il m'a même laissé une commission pour cette action, mais je n'ai pas accepté un centime.

Nous avions depuis deux mois décrypté à longueur de soirée, des messages en chiffres du genre 867089- 223478 pour transmettre le nombre de couverts, de gamelles afin d'équiper les unités en formation et en attente de départ pour l'Algérie. Maintenant les messages étaient pour  les incorporations des rappelés et les transports trains, bateaux par Marseille, Port Vendre. Il était arrivé à la subdivision des officiers et sous officiers réservistes afin de remplacer les personnels qui partaient encadrer des unités. Je lisais les rappels dans leurs régiments de militaires détachés dans des services extérieurs, il fallait  prendre des mesures sécuritaires, car mon tour ne tarderait pas à arriver.

C'est avec joie que ma mère qui avait toujours voulu avoir une fille accueillit ma compagne dans notre famille, simple mais compréhensible. Mon père un peu plus distant n'aurait pas voulu me refuser cette aide en fonction des évènements à venir qu'il redoutaient autant que moi.

En regagnant mon service après avoir laissé on amie aux bons soins de mes parents, je pensais à cet avenir qui pour l'instant était assez confus

Vendredi 21 Mai 2010 à 11h48 dans Blonde tu etaisPoster un commentaire
 

REFLEXION EN TRAIN ALGERIE

 

                                                                                                                                                                                                  

                                      ALGERIE  

 

 

                                    

                           REFLEXION EN TRAIN     ALGERIE 

                                           

 

Dans le train qui me ramène vers mon lieu de travail, mes pensées sont profondes en effet je redoute, des événements futurs inquiétants, je pense énormément à ce que l’avenir me réserve. Depuis quelques semaines à la Subdivision de Laon, nous recevions des  messages, faisant état de faits se déroulant dans ce Pays lointain. 

Que représente pour moi ce sujet. 

Depuis la Toussaint rouge ,des exactions ont eu lieu ,des attentats ,faisant des morts innocents ,des  répressions ,avec encore des victimes ,des bandits , qu’on appelle des partisans de l’Indépendance  

Égorgent des familles entières, étêtent, des enfants, violent les femmes, tuent le bétail et incendient les fermes ou les masures, mechtas, de pauvres paysans, qui n’ont d’autres ressources.  

Les militaires traquent ces Fellagas dans des montagnes difficilement accessibles ,recherchent des indices auprès d’une population apeurée ,fouillent des grottes qui servent de cache -d’armes ,de petits groupes sont détectés ,des  combats s’engagent ,des hommes meurent ,blessés achevés ,quelques rares prisonniers qui souvent  ne savent rien ,sont ramenés dans les cantonnements , pour y être interrogés 

Dans des conditions atroces. 

La nuit est  tombée et les innombrables gares se succèdent ,l’autorail s’arrête ,puis repart dans un immense bruit de ferraille ,à chaque passage à niveau la crécelle d’une sonnerie retentit et je roule , ballotté ,à demi endormi ,l’air d’une ritournelle dans la tête ,se confondant avec le nom -composé d’une petite gare dont  les syllabes font une musique  chantante avec le bruit des roues à chaque raccordement du rail.                                                                                          

Plus de vingt gares entre Laon et Amiens 

En partant vers 18 h de Laon je n’arrivais pas à Amiens avant 20h45, ce qui fait que je n’avais plus de correspondance et je devais attendre le train postal Paris Lille qui s’arrêtait à Albert vers 0 Heure. 

Pour le retour c’était vers 11h30 que j’arrivais 

Pour prendre mon service pour 14h 

  

J’avais tout ce temps pour réfléchir 

Le sergent des transmissions était déjà parti en Algérie, et avait été remplacé par un adjudant réserviste, un employé des eaux et forêts 

  

Il m’a envoyé une lettre, tout en m’expliquant la situation, il me demandait d’aller retirer son argent placé sur un livret et de l’envoyer à ses parents. Il m’a fait un pouvoir et j’ai pu de ce fait lui rendre ce service. 

  

La situation qu’il me décrivait n’était pas pour me rassurer 

  

SA LETTRE que je recopie car le scan ne me permet pas de copier coller 

Cher vieux                          Descartes le 25/8/56     

Tu vois ce jour pourquoi je t’écris! Mais plus tard. J'ai changé de coin comme tu peux voir et alors ici c'est le bled, 3 cafés qui ferment à 20h30, à part ça rien, on se fait ch...! Au plus haut point, aussi j'ai pris une résolution énergique ?...Je quitte l'ARMEE...oui comme ça, j'en suis écoeuré, il faut voir ça ici, c'est honteux! Aussi je retourne dans le civil prendre la succession de mon père qui commence à se faire vieux, et où au moins je pourrais agir à ma guise.. Et à la subdi quoi de neuf ? Toujours pareil, je commence à regretter les moments de la subdi, et la petite rouge où s'en est-il. Mariage ? Où divorce ?  Tu donnes le bonjour, et au bureau, et ainsi qu'à Henriette, les autres, il peuvent aller se faire cuire 2 oeufs pour le p'tit déjeuner, je lui est écrit à triple mettre, elle ne m'a pas répondu, qu'elle aille se faire voir. Bon passons, tu dois te dire, il me fait suer avec ses mandats, pour un, je me serais passé de toi mais il y a en trois à faire. Je t'explique : dans les 80.000, deux de 30.000 et un de 20.000, les 1000 c'est pour les frais, s'il reste quelque chose c'est pour toi. Voici le détail.
30.000  à Mr Casso.. Guy Rue du château Nerac                20.000 à Mame Luss.... route de Narareth Nerac      30.000  sergent Casso Ferdinand  63éme comp de Transmissions Descartes militaire ( dept Oran ) Algérie.
 

Voila est-ce assez clair, je crois que oui, comme j'espère rentrer le 1er Octobre, j'envisage une assez bonne somme afin de trouver la traversée agréable, tu vois ce que je veux dire! Bon eh bien je vais te quitter_ excuse moi si je fais encore appel à toi, mais tu es le seul avec qui je peux correspondre et qui est mieux placé en tant que vaguemestre, et comme (je ne sais si c'est toujours pareil) tu ne sais quoi faire, cela t'occupera en quelques minutes. Dans l'attente de ton service qui je crois et j'espère sera le dernier (vu la quille). Reçois mes sincères amitiés et le bonjour aux autres ou fait également le bonjour de a/c Gerard a tous.          Ferdinand 

P.S Au cas dans les 1000 que je laisse pour les frais il n'y en a pas assez, prend sur les 30.000 que tu m'enverras 

< J’ai exécuté rapidement ses souhaits, et je n'ai pas pris un centime > 

  

Je voyais passer les messages de rappel d’éléments détachés dans divers services. 

Cela n’allait pas tarder pour moi qui étais du 6éme régiment de Cuirassiers, détaché à la Subdivision militaire de Laon 

  

Un artilleur de La Fère venait de nous rejoindre. 

Désigné pour l’Algérie, Il était déjà installé dans le camion avec ses camarades, quand un ordre est arrivé de descendre. 

 Marié père de deux enfants, ça n’avait pas été remarqué par la hiérarchie. 

C’est son épouse qui avait fait la démarche, car pour lui, pas question de ne pas partir avec ses copains. 

Il était du reste furieux de ce fait, mais il fallait bien qu’il comprenne que sa situation exigeait qu’il demeure en tant que chargé de famille, et aidé par les service sociaux de l’Armée. 

C'est remarquable que lorsque était communiqué un ordre de préparation au départ pour l'Algérie il y avait des réactions de responsabilités au niveau des familles que l'on devait quitter, mais en même temps, le fait de partir vers ces lointains horizons créait une émulation. Personne ne voulait laisser paraître son angoisse et une certaine euphorie provoquée par les nombreux verres vidés dans les mess, foyers ou les cafés et bars des villes de garnison, ne retomberait que lors de la permission exceptionnelle de 8 jours dite de départ AFN 

Il n'en était pas de même en ce qui concernait les rappelés, ces jeunes hommes qui avaient terminé leur service militaire, repris leurs activités civiles et que le gouvernement mobilisait et envoyait par trains entiers direction Marseille et Algérie . Les trains étaient arrêtés, le matériel dégradé. Dans certaines villes des manifestations de refus qui se sont terminées par des interventions des forces de sécurité. J'ai vu arriver des camions avec ces hommes sous escorte qui braillaient leur désapprobation, certains très atteints aux yeux par les lacrymogènes. Huit jours après, il restait des isolés que les gendarmes récupéraient et que l'on embarquait directement par avion. 

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Samedi 31 Juillet 2010 à 18h12 dans Blonde tu etaisPoster un commentaire
 

CHANGEMENT DE DECOR

                     

                             CHANGEMENT  DE  DECOR

 

 

                                Je sentais que bientôt je partirai pour l'Algérie et dans cet optique, j'ai pris les permissions qui me restaient. Et je ne m'étais pas trompé. 

Car au retour d'une de cette dernière, Je suis convoqué d'urgence chez le commandant, vous prenez vos affaires et vous regagnez votre unité par le premier train. 

Cela n'a pas traîné, aussitôt arrivé, passage aux effectifs, prendre ma permission de huit jours en vue départ, les autres étaient partis par les trains du matin, une jeep m'a conduit à la gare de St Erme, afin que je puisse prendre le train du soir, ce qui fait que je suis revenu chez moi, le jour même où j'étais parti du matin. En voyant ça, il n'y avait pas besoin d'explications, tout le monde avait compris. L'ambiance était tendue, mais il fallait se résoudre à la réalité. 

Ma fiancée était en stage dans un magasin de vêtements à Amiens, elle partait par le train le matin et revenait le soir, mais n'a pas tenu sa parole, elle a abandonné en fonction qu'elle voulait rester avec moi pour ces courts instants. Je ne pouvais pas lui en faire reproche, mais j'avais espéré qu'elle tienne dans cette place et j'étais grandement déçu. Le jour de mon départ est arrivé et les adieux furent déchirants, mais il fallait surmonter. 

Je suis passé à Laon, mais cette fois, j'ai du attendre un autre train car je regagnais Sissonne, base de mon unité. Tout s'accélérait, passer au magasin d'habillement pour percevoir un paquetage dit AFN: vêtements légers, chapeau de brousse, pataugas (genres de chaussures en toile comme en portent les basketteurs) casque lourd). Passer à l'armurerie pour recevoir une arme (un fusil semi automatique Garant), des cartouchières vides. Le principal, au magasin des vivres pour trois jours. Toutes ces choses vérifiées, se détendre un peu en allant boire une bière au foyer afin de communiquer avec tous ces gars que je ne connaissais pas. Du fait de mon affectation à l'extérieur, ces personnes qui me prenaient pour un bleu (un nouveau), ils se trompaient lourdement. Car ils étaient du dernier contingent appelé, ils avaient quatre mois de service, alors que moi j'en étais à 18 mois, c'est à dire que je partais en Algérie en ADL, (au dessus de la durée légale) qui était de 18 mois et l'air supérieur de certains n'était pas tolérable. 

Premier incident, en me rendant au foyer je me fais interpeller par un sous-officier parce que je portais ma chaîne à vache en sautoir.  Il me donne l'ordre de la remettre sous ma chemise en me disant que l'on voyait bien que je n'en avais jamais porté. Je lui réponds alors que oui, en Tunisie (où j'avais fait un séjour au début de mon service), lui, il avait fait l'Indo.  Pour ne pas avoir d'histoire, j'obtempère. Cet objet consiste en une plaque sur laquelle sont gravés:  le nom, matricule du soldat, elle est divisée en deux par un pointillé, la première moitié reste au cou quand il y a décès, l'autre est destinée à être fixée sur son cercueil. Cet objet est perçu lorsque le militaire part au combat, le véritable nom est la plaque d'identité. 

Le soir dans la chambrée beaucoup de ces jeunes étaient alcoolisés, difficile de s'intégrer en tant qu'ancien comme je l'ai expliqué. Leur jeu consistait au virage de matelas et je ne tarde pas à en subir les conséquences. Je remet tout en place et me recouche, seconde opération. Je m'installe par terre, mais lorsqu'ils viennent pour à nouveau retourner mon couchage, je prends une bouteille de bière à ma portée et je la lance sur ces pochards. Un des assaillants glisse et tombe sur des tessons de cette bouteille, ce qui a calmé le jeu directement, car le chef de chambrée a du emmener le blessé à l'infirmerie pour se faire soigner. 

Le lendemain matin, de bonne heure, réveil et en route au petit matin vers notre destinée. Dans des camions bachés afin d'éviter toutes manifestations de soutien de la population. A la gare de Ste Erme un train attendait et différentes unités arrivaient et embarquaient dans les wagons qui leur étaient réservés. C'était un ballet de camions qui venaient de Noyon, de Soissons et d’autres villes de garnison de ces régiments. Tenue de combat, casque léger, casque lourd, sac au dos avec couverture, et objets d'entretien, sac marin avec l'habillement militaire, valise avec nos effets personnels, et pour compléter fusil garant, cartouchières, bidon, une musette avec trois jours de vivres, la parfaite panoplie du guerrier partant en renfort.  

Il a fallu pratiquement toute la matinée pour organiser ces opérations et c'est vers les onze heures du matin que ce train est parti. C'était des compartiments sans couloir où chacun avait sa place avec son paquetage, pour manger, et dormir les uns contre les autres. On s'arrêtait  pour laisser passer des rapides, toujours sur des voies de garage et en bout de quai où il y avait une possibilité de descendre pour trouver de l'eau, car il y a longtemps que nos bidons étaient vides. Nous avons roulé tout l'après-midi, la nuit et toute la journée du lendemain, arrivée à la gare St Charles de Marseille vers 18 heures. Là, des citroên P45 nous attendaient pour nous conduire au DIM (dépôt des isolés militaires) ou métropolitains, un vaste camp où tous les bâtiments étaient occupés et où l'on nous avait réservé de grandes tentes et comme couchage de la paille dans laquelle on dort très bien quand on peut enfin se détendre 

Réveil, café, les corvées; chacun s'organise pour son bien-être. Curieux de nature je m'intéresse à des mouvements de véhicules, jeeps et GMC peints en jaune ocre, sur les côtés des plaques métalliques nécessaires en cas d'ensablement et sur les capots un H peint en blanc. En parlant avec des chauffeurs je reçois l'explication. Ces forces sont de l'opération Hamilcar (d’où le H), destinées aux renforts en Egypte. Ma question de suite est vous étiez volontaires ? Eh bien non c'était des appelés que l'armée avait prélevés dans des unités. Ces troupes et matériels avaient été chargés, étaient restés au port pendant deux à trois jours avant d'être débarqués en attendant une autre destination. Le cessez le feu sur le canal de Suez étant intervenu. 

La certitude nous est donnée que nous partons bien demain pour l'Algérie, une petite carte à destination de notre famille et une permission de sortie dans Marseille en treillis de combat finit notre séjour en Métropole   

EMBARQUEZ

 

Dans quel état d'esprit est-on ?quand l'ordre de faire mouvement vers un Pays étranger, est .donné                                                                                                                      
   
D'abord le réveil est difficile car les gars la veille pour s'étourdir, ont fait la tournée des bars et lutiné les filles.
     Debout à 4h, après être rentré à minuit, pas beaucoup dormi.
     Pourquoi si tôt, c’est le système qui veut ça, les ordres sont donnés en hiérarchie, et pour être sur d'être prêt, chaque gradé anticipe d'une demie heure.Ce qui fait que baillant, pestant, chaque groupe vérifie son équipement.
    Ensuite c'est la ruée vers la cuisine, café, pain, sardines chocolat.Une cigarette par dessus, et maintenant l'attente, une attente interminable.
     Un copain à coté écrit un petit mot à sa belle, pour lui dire< qu'elle ne l'oublie pas!!!! Mais lui il omet de lui dire que cette nuit il était avec les filles des bars.>
    Enfin des camions arrivent, EMBARQUEZ, puis brinqueballant, en file ils se dirigent par les rues endormies vers le port, on y arrive quand même

 DESCENDEZ


    Et re- attente, assis parmi les paquetages, on attend, on attend quoi ? des ordres , Oui mais dès qu'un ordre arrive,il est suivi de suite d'un contre- ordre?Alors un se vautre à nouveau parmi les bagages ,les valises.Les armes commencent à être encombrantes,et les casques à peser,alors on les posent,et chacun commence à retirer de son sac de quoi à manger,car pour passer le temps,quoi faire d'autre que de manger?
    Le soleil commence à taper 9h, toujours là, à attendre, attendre QUOI? Un ordre, qui ne vient jamais, alors on commence à nouveau à écrire.
    ATTENTION voila l'ordre EMBARQUEZ
    Et de monter cette passerelle de coupée,avec le sac sur l'épaule,la valise à la main,le fusil qui se met en travers,les gars pestent ,jurent,et montent péniblement.
    Sur le pont changement de décor,prise en charge par des Marins,qui eux font ça tous les jours,et qui donnent des consignes pour gagner des entreponts,puis des cales,
    Une échelle étroite à descendre,puis une autre,et encore une autre,arrivé au fond,le coeur se soulève à cause des odeur d'huile rance,la chaleur est étouffante,on s'installe comme on peut,rapidement.et de suite on remonte sur le pont,pour respirer l'air frais,et voir le paysage ensoleillé,admirer cette ville qui paraît Belle,mai Belle à des yeux qui ne savent pas,s'ils la reverront jamais.

Tous les gars fanfaronnent,si on les écoutent,ilssont pressés de partir,vers un Pays qu'ils ne connaissent pas,un Pays lointain,au delà de la Mer
    On chante, on mange à nouveau,et on regarde, regarde encore ces quais que bientôt on va quitter
    Les machines ronronnent,et l'on sent le trépidement sous les pieds,
    Mais on est toujours là
    Il est midi,et depuis 4 h du matin,on attend,il s'éffectue des manoeuvres de chargement ,mais celà ne nous concerne pas,alors on s'en désintéresse vite
    Le bateau n'a pas encore bougé de place,que les latrines sont déjà débordantes du vomi,de ces terriens embarqués,sur ce rafiot,et les marins hurlent de voir cette pagaille et ces hommes que la sueur mêlée à la poussière,commencent à ressembler à des bêtes de guerre
     Le son des machines a changé,il se prépare quelque chose,en effet, des bruits de chaîne, on remonte les ancres, la corne retentit, le quai n’est plus tout contre le bateau, on a même l’impression qu’il s’en éloigne doucement, mais c’est

    le bateau . On part.

 

Adieu la France 


      


 
     MAL DE MER

 

Si vous aviez fait des traversées à fond cale:le bateau n'était pas encore désamarré,que les locaux sanitaires débordaient,dès qu'il a pris la mer,avec le tangage,toute cette matière allait de gauche à droite,il fallait enjamber,et en plus,fallait être vigilant et bien viser,juste au moment ou le bateau remonte à la vague,autrement c'est la douche ,pas besoin de papier,le paquet de mer remontait ,et cette douchette,est efficace. BEURKKKKKKKKK    

Vous voyez? Après une bonne gamelle de haricots, a moitié cuits, et il y en avait autant par terre, car il y en avait qui ne les conservaient que l'espace d'un instant. Alors comme divertissement,comme il y avait des femmes complètement effondrées dans des transats ( malades,au diable la pudeur ) les cuisses largement écartées,on s'amusait avec un pistolet à eau à leur envoyer un jet d'eau froide sous la jupe,l'effet est immédiat,ça fait uriner (pauvre culotte ) un autre jeu aussi,avancer sous la main ballante de notre sujet:un verre d'eau froide,et laisser son doigt tremper dedans: Même effet,immédiat. Con.....s de bidasses qui partaient sur la belle bleue, vers un avenir incertain, sans savoir s'ils en reviendraient.

  J'ai vu sur le port, des ambulances aller chercher des chasseurs Alpins (habitués à la montagne, mais qui à la mer ne résistaient pas, étaient descendus sur des civières tellement ils ne pouvaient même plus marcher, complètement vidés par le mal de mer. 

Le débarquement un par un prend un certain temps, le paquebot se vide à l'aide de ses passerelles, ensuite suivant les ordres il faut se regrouper, ce qui n'est pas facile car le mouvement de la mer est resté et c'est le quai maintenant qui semble bouger. Le mieux est de s'asseoir sur ses bagages, et là, commence une longe attente. Nous sommes le 11 Novembre et il fait un soleil de plomb. Le port est en pleine activité, personne ne pourrait penser que la sécurité n'est assurée nulle part. Voila les camions qui viennent nous chercher, cette fois ce sont  des GMC qui nous emmènent vers notre destination : le stade où des tentes sont installées, qui deviennent notre lieu de repos où nous pouvons enfin poser nos bagages au pied d'un lit Picot. C'est un genre de brancard sans les poignées, c'est pratique car ça se plie facilement et  me promet une bonne nuit de sommeil

Les noms pour les tours de garde viennent d'être affichés, pour les autres ils peuvent avoir une permission de minuit, mais avant il faut passer à l'armurerie pour recevoir les cartouches pour nos armes.

Avoir un fusil ce n'était pas la première fois, le conserver tout le temps avec soi par contre nous n'étions pas habitués.

Mais voir de prés en rangeant,  les balles, dans les cartouchières, cela fait un certain effet, c'est bien pour tuer et l'on se rend  compte de l'effet que ça va faire en pénétrant dans les chairs.

La sortie pour la soirée s'est faite sur le cour où les Bonois prenaient le frais comme le font tout les gens du midi.

Nous ne nous sommes pas éloignés, on nous avait dit, que la veille deux spahis qui venaient de débarquer avaient été égorgés dans le quartier arabe et qu'on leur avait pris leurs armes.

Nous sommes donc restés dans le centre à boire quelques bières et à regarder les calèches qui promenaient des touristes.

Difficile de penser qu'il y avait du danger, qu'une grenade pouvait être jetée dans notre salle de café ou qu'une bombe pouvait exploser.

Nous ne nous sommes pas attardés et du reste tout le monde est rentré de bonne heure.

Demain on embarque pour le bled

Depuis 6 jours que nous sommes partis, on a besoin de dormir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mercredi 15 Septembre 2010 à 17h13 dans Blonde tu etaisPoster un commentaire
 

LE BLED

   DEPART

Réveil 5 heures, café, rassemblement et attente De nouveau les camions viennent pour cette fois, nous emmener à la gare Il est maintenant Neuf heures et Il fait plein soleil

le train est en formation et sur le quai, les voyageurs s'affairent comme dans toutes les gares. Nous sommes accueillis très amicalement, alors qu'avec tout notre paquetages , sacs et valises nous allons encombrer. Mais c'est autant de sécurité en plus, cette troupe qui arrive avec armes et bagages. Devant la motrice il y a un wagon, bas, vide mais avec des emplacements de combat fait avec des sacs de sable, c'est lui qui normalement devrait sauter s'il y avait une mine de posée sur la voie. Il y a derrière un wagon ouvert avec des militaires décontractés, c'est l'escorte du convoi en cas d'attaque. Le parcours est ouvert tous les matins avant que le train parte, par une patrouille qui vérifie qu'il n'y a pas d'obstacles déposés sur les rails, pas de mines. Ces hommes vont d'une gare à une autre à bord d'une draisine, d'autres prennent le relais et assurent ainsi la sécurité de la ligne.

La campagne est très belle de beaux vergers, et beaucoup d'oliviers, magnifiques paysages sous ce soleil ardent, un peu de Normandie, de la forêt, des djebels, des parties désertiques,  des petites gares aux noms évocateurs : Duvivier, Laverdure, Montesquieu, clairfontaine, une attente importante à Souk-Ahras, alors vite la chasse à l'eau fraîche pour remplir les bidons.

Nous avions laissé nos accompagnateurs à Marseille, et à Bone ce sont des militaires de nos régiments qui nous ont pris en compte, le teint hâlé, mais pas le bronzage des estivants, une couleur pruneau, beaucoup portent une moustache à la Taras Boulba, chapeau de brousse et cheiche. Ce dernier sert à de multiples usages, il éponge la sueur qui coule du cou, on s'en entoure le visage en cas de tempête de sable, ce qui permet de respirer à travers, et entouré autour du ventre , ,ça évite les ennuis intestinaux,les nuits sont toujours froides sur le matin .

Nous sommes partis ce matin et il va être 17 heures, ça semble long, car ce train s'arrête à toutes les gares. Elles sont toutes, sécurisées par des murs de protection montés avec des sacs de sable. Des meurtrières, avec des postes de combat et généralement sur le toit, un mirador dans lequel une sentinelle veille, à côté d'un gros projecteur, qui la nuit éclaire les alentours. Le drapeau tricolore domine le tout. 

Cela commence à s'animer, la voie longe maintenant des campements de tentes bien alignées, du matériel, des camions des jeeps. Des militaires insouciants et sportifs disputent un match de foot ball et les spectateurs portent le béret rouge des paras coloniaux

Le vent s'est levé et soulève de la poussière, nous arrivons à destination à n'en pas douter, il fait gris, le sol est caillouteux, en décor du djebel, ça me donne une impression de bout du monde, c'est Tebessa où nous rejoignons la base arrière du 6éme régiment de Cuirassiers.

Débarquement et regroupement place de la gare, enfin des camions arrivent, on charge nos bagages, mais pas nous. En place pour un défilé pour rejoindre notre cantonnement. En tenue de combat, casques, arme à la bretelle, c'est une troupe qui traverse la ville au pas cadencé. C'est probablement pour rassurer la population psychologiquement, < encore de nouvelles troupes qui arrivent en renfort .

 Après 6 jours de voyages ( pas de garde pour moi cette nuit ) pour d'autres collègues, oui et avec des consignes: il doit passer dans la nuit une patrouille de paras dans le bas de la rue< n'allez pas les allumer >

nous avons été hébergés dans d'anciennes écuries à mulets
Je me suis endormi quand un peu de fraicheur est arrivée

Mais réveillé dans le courant de la nuit par de petites pattes
qui couraient sur le visage
j'avais beau les chasser ça revenait
Un peu léger pour des rats, un peu lourd pour des araignées,
j'ai pensé à des mulots, mais il faisait noir
je ne voyais rien
J'enfouissais le visage sous la couverture 
Mais en très peu de temps je ne pouvais plus respirer
j'ai du redécouvrir mon visage
Je me suis endormi à nouveau jusqu'au matin vaincu par la fatigue,
probablement que la sarabande a continué
mais je ne m'en suis plus aperçu
 

La matinée se passe en revue de paquetage, on m'a attribué un gilet de peau de mouton, un peu étonnant pour le pays, mais je suis affecté à Cheria, c'est à 40 km et, dans la montagne, enfin un plateau, entre les Aurès, les Nemenchas et les monts de Tebessa, probablement que l'hiver y est rude. Ceux qui vont en base arrière sont déjà partis, ainsi que ceux qui rejoignent les escadrons dans la région d'El ma el Abiod. Nous devons nous intégrer au convoi qui se forme sur la route de Constantine, et c'est dans un camion baché, mais possédant des plaques blindés sur les ridelles de côté que nous venons nous ranger à la suite d'autres véhicules, c'est quand même du sérieux car la cabine possède, une tourelle, avec un fusil mitrailleur et un servant qui pour l'instant fume sa cigarette tranquillement.

Les véhicules viennent se ranger les uns derrière les autres, il y a quelques voitures civiles, des camionnettes de commerçants arabes, un petit autobus citroën, comme ceux que j'empruntais quand j'étais commercial, pour visiter des clients de Lillers, Aire sur la lys. Il était chargé au maximum et un tas de paquets sur la galerie de toit. J'apprends que pour gagner Cheria il faut un convoi sécurisé à cause du danger d'attaque sur le parcours. Justement nous n'allons pas tarder à partir car la jeep de l'officier responsable double la file pour aller se placer en tête, et à sa suite deux blindés autos mitrailleuse à tourelle armée d'un petit canon,  et des half tracks avec leur personnel de combat, C'est ceux que j'avais vus en passant se préparer à l'ombre du mur d'enceinte.

Il en est de même en fin de convoi, tous les moteurs tournent au ralenti, les ordres radio fusent, nous partons.

 

 

 

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Lundi 11 Octobre 2010 à 16h23 dans Blonde tu etaisPoster un commentaire
 

CHERIA

                                                  NOUS  SOMMES  PARTIS

Nous sommes partis et ça roule bien sur cette route en bon état, mais ensuite on la quitte pour prendre celle qui va nous conduire à destination. Une agglomération s'annonce par son panneau: Youks les bains , nous roulons entre deux rangées d'arbres, on se croirait en Normandie, c'est vert et accueillant. Ensuite le paysage change, la route se rétrécit et le décor c'est , des cailloux et des rochers, ça commence à monter, et ensuite les virages se succèdent , nous sommes dans le col, ce passage entre deux sommets, d'un côté c'est la roche dont on ne voit pas le sommet, de l'autre le précipice. Dans un virage, le camion doit s'y prendre en deux fois pour tourner . Je pense que si on se faisait allumer, il n'y a pas beaucoup de solution, il ne faut pas se coucher sous les camions, car touchés ça explose et ça flambe, pas de possibilités du côté du précipice, une seule chose possible faire corps avec la roche de la paroi.Il faut se dire que les hommes de l'ouverture du col, veillent aux endroits stratégiques, et qu'un piper surveille dans le ciel, mais c'est très impressionnant

                                                        PEUR   MOI   JAMAIS

  Le convoi s'étire sur des kilomètres, nous    progressons  

lentement, sur une route en lacets.

Les véhicules sont à la limite de caler leur moteur, nous  sommes dans la montée de ce col,  si dangereux.

D'un côté la roche abrupte qui domine, de l'autre le ravin.

 Il n'y a que les bruits de ces engins poussifs, et pour la nature, c'est le silence le plus total, pas un souffle de vent, pas un cri d'oiseau, que du soleil implacable.

Que le silence et la certitude que des yeux nous regardent, dissimulés derrière des rochers.

Je surveillais les hauteurs, mon arme approvisionnée, pointée vers un éventuel agresseur, le doigt sur la détente.

Mais la peur au ventre, la poitrine serrée, la sueur qui ruissele, la tête pleine de visions d'horreur.

Panique incontrôlable en pensant au sort qui pouvait m'être réservé, comme celui de la dernière patrouille.

Les corps avaient été retrouvés, égorgés, le crâne éclaté à coups de pioche, émasculés et le sexe enfoncé dans la bouche.

C'est ça aussi la peur, de ce qui peut arriver.

Le dernier blindé qui fermait le convoi, tourelle pivotante, mitrailleuse orientée, vient de franchir, la dernière montée.

Nous sommes passés, il ne s'est rien produit.

La peur lâche sa prise.

La sueur se sèche.

Les mains ne sont plus moites.

Les jambes ne tremblent plus.

La tête se vide, et l'on pense à autre chose, au pays par exemple, où il fait bon vivre, et où des êtres qui nous aiment nous attendent.

Les conversations reprennent, les bravaches se déchaînent en plaisanteries obscènes.

PEUR ?????????????

Moi, non, jamais.

Pas besoin de voir des films, superbement expliqués, pour comprendre ce qui se passait dans la tête de ceux qui recevaient, l'ordre  < en avant >.

Que ce soit dans les tranchées, sur les plages de débarquement, dans les rizières,  la jungle ou les djebels.

Alors ne me faites pas rire, avec de belles envolées lyriques.

La peur n'est pas que pour les couards.

Tout le monde la connaît un jour.

Et a du la subir.

 

 Après le col c'est un plateau entouré de djebels à l'horizon, il y a une piste, mais les véhicules roulent de front puisqu'il n'y a pas d'obstacle, et ça évite la poussière. Il y a aussi l'envie de rentrer, l'équipe de la sécurité du col suit ayant terminé sa mission, le soir tombe , la montagne va s'enfoncer dans la nuit mais sera un refuge pour des hommes déterminés à en reprendre possession,les ( Fell ) sont chez eux .

On arrive des maisons basses noyées sous la pluie, des barbelés, de la boue. Notre camion s'arrête, allez giclez, et alors là comme comité d'accueil, un farfelu appuyé sur une canne le chapeau déformé, dégoulinant de  pluie, la bouche pincée crachant son venin. <  Z'allez en chi.. les bleus, ici faut aller aux chiot....avec son fusil >. Le vrai sale type, tout juste 6 à 8 mois de service. Je lui aurais bien fichu mon paquetage en pleine gueu.., mais ce n'est pas la quart d'heure, dire qu'il va falloir cohabiter avec ce genre de larve. Une chose primordiale pour l'instant, se mettre au sec, et dormir .

C'est à l'ECS  ( escadron de commandement et services ) que je suis affecté,Je rejoins mon cantonnement en suivant des peties rues, qui d'un côté font partie du poste, de l'autre ce sont les murs extérieurs des mechtas qui sont habitées. Le haut est garni de barbelés en tortillons et je vois briller sous la pluie des tessons de verre, qui sont là pour que l'on ne puisse pas escalader. Nous arivons enfin au bâtiment où sont logés ces cuirassiers, qui sont en principe à part ceux des services, le peloton porté.

C'est pour l'escorte, la sécurité du commandement, également pour les ouvertures de cols et de pistes. Ces hommes participent également aux opérations pour les bouclages et la recherche des troupes de l'ALN ( armée de libération nationale ) que la France combat dans sa détermination de conserver l'Algérie française

J'ai emprunté sur le site de Cheria dans lequel je communique cette image, le silo existe toujours

 

                                        C'est ce bâtiment de stockage de grains, il faut se le représenter à l'époque de mon arrivée avec autour des murs de protection, une entrée pour les véhicules, fermée par une barrière en bois et barbelés, derrière un mur avec des créneaux pour le tir et une tour à deux étages ( pour la garde ) qui donnait sur la plaine et l'horizon étant le djebel.                             

 

    Le bâtiment est spacieux, mais pas beaucoup de lumière, les lits sont côte à côte . Une allée centrale avec une grande table et deux bancs de bois  complètent le décor, remarquable, un   immense poêle en plein milieu.

Le Bricart ( brigadier) de service m'indique mon emplacement, assez éloigné de la porte d'entrée, ce qui évite les courants d'air lors des multiples entrées et sorties, mon couchage: un lit Picot ( ce genre de brancard sans poignées, une couverture, un sac à viande ( c'est un drap cousu jusqu'à moitié genre sac de couchage, une paillasse qu'il faut remplir de paille et l'installation avance. Pas de traversin, mon sac au  dos va en faire office, pas d'oreiller, alors le gilet de peu de mouton va être utile. Sous le lit, je mets mon sac marin, ma valise, mon casque, au mur, un clou bien placé, pour accrocher mon fusil et je peux enfin goûter un repos bien mérité   

Je fais connaissance avec mes proches voisins, car je ne connais plus grand monde depuis dix huit mois que j'étais détaché à l'Etat Major il y a eu de multiples changements, de Quatre escadrons qui composaient le régiment, c'est passé à six ou sept, en tant que bataillon de marche du 6éme cuirassiers et c'est éclaté dans autant de sites differents éloignés de 40 à 60 kilomètres de montagne ou de désert. Ces nouveaux amis me font cadeau d'une caisse à orange vide, c'est très pratique et ils en ont tous une. C'est une parfaite table de nuit, car redressée et installée on pose sur cette tablette,  une photo, ou un transistor, une séparation en son milieu  en fait deux compartiments pour ranger ses affaires de toilette, des livres ou même des sous vêtements, tout menus objets, il y en a même qui ont installé un petit rideau et c'est devenu une véritable armoire de rangement.

J'installe sur la tablette la photo de ma tendre amie, qui provoque de suite un attroupement admiratif et intéressé et des allusions assez équivoques, à la limite salaces. Pourtant sur chaque caisse table de nuit, il y a une photo, de fiancée, de petite amie ou même d'image découpée dans un magazine et installée dans un cadre, mais c'est un fait que des cheveux longs et blonds comme les blés mûrs attirent l'oeil de ces jeunes hommes, privés de douceurs de caresses et de sexe.

On voit mieux car la lumière vient d'arriver, tremblotante et pâle,  le courant est fourni par des groupes électrogènes qui fontionnent au gaz oil et ça me fait penser à chez mes grand parents quand ils s'éclairaient à la lampe à pétrole, mais peu importe puisque je vais dormir, j'enverrai demain chez moi une carte que je suis bien arrivé et pour donner mon adresse afin de pouvoir recevoir du courrier.

Ces cartes nous sont distibuées lors des cantonnements, à Marseille, à Bone, a Tebessa et à Cheria, c'est pour prévenir nos familles de notre situation. C'est avec un timbre FP ( franchise postale ).

 

Bonne nuit les gars.   Oui si on n'est pas attaqué !!    Ah comment ça?, j'espère bien que non .

La nuit s'est bien passée, je dois me présenter au P.C (poste de commandement ) pour 8 heures, j'ai donc le temps après le petit déjeuner que j'ai été chercher à la cuisine ( café, pain, sardines et barre de chocolat ), et après la toilette, de rédiger cette carte, en donnant mon adresse, pour que l'on puisse m'écrire.

L'adresse c'est: nom  prénom et un secteur postal qui est S.P. 86.392 AFN, c'est tout.

 

les copains

 

 

                                                          

 

 

Tags associés : Cheria

Mardi 16 Novembre 2010 à 17h12 dans Blonde tu etaisPoster un commentaire
 

OUED ET DJEBEL

 

                                           ADAPTATION  A  MA NOUVELLE  VIE  

                                                                              

                                         

                                                            

marché de Cheria

                                                       

         la place de Cheria avec le puits on distingue au fond un poste de garde ( occupé même dans la journée )

 

Je dépose ma carte dans la boite aux lettres, mais je ne sais pas quand elle partira. Car c'est en fonction des transports. Le courrier part lors des convois pour Tebessa et ce n'est pas régulier, car c'est en fonction des besoins, ça nécessite la reconnaissance du terrain, l'ouverture de col, la surveillance jusqu'au retour. C'est arrivé que les maquisards avaient monté une embuscade afin d'anéantir le groupe chargé de cette ouverture, les services du renseignement ayant été prévenus et c'est une opération qui a été montée afin de déjouer ce piège.

Le courrier part et arrive également quand il y a une liaison par hélicoptère.

A côté de la boite il y a une liste de noms et j'y vois le mien, c'est pour la garde de la nuit prochaine, je lis < au mirador de 20h à 22h >, on est de garde deux heures toutes les deux nuits pour un des trois postes : la tour, le mirador ou l'entrée, c'est par rotation de postes et d'horaires, les meilleujrs étant le premier et le dernier, c'est à dire de 18h à 20 h et de 4h à 6h, il y a un poste aussi surveillant la rue au bâtiment des transmissions mais celui là ce sont les gars des trans qui l'assurent.

Il faut fournir ausi par alternance avec les autres unités un poste de garde sur la terrasse de la gendarmerie et un pour la SAS ( service des affaires spéciales )

Je sors du bâtiment, à ma droite c'est la sortie vers le village avec un poste de garde qui surveille la rue, en le longeant et donc à l'arrière il y a cette tour avec un étage, elle est destinée à la surveillance de la plaine en face et un mur en construction vient renforcer le réseau de fils barbelés. Je vois ce mirador au dessus des toits de ces habitations réquisitionnées qui sont devenus ce cantonnement. Au lieu de prendre la rue pour me rendre au P.C je prends par une série de cours qui débouchent sur le mess, bar des sous of, les cuisines, l'infirmerie et enfin j'arrive par ce dédale à l'école coranique où sont installés les services du commandement;

Un porche et l'on débouche dans une cour dallée et autour en rectangle, les maisons occupées par le colonel commandant le secteur, le mess des officiers, le service psychologique, le service du renseignement et enfin le secrétariat où je me présente.

Un adjudant que ce connaissais déjà à ce poste était responsable de ce bureau où je me présentais, le personnel était composé d'un bricard chef( brigadier chef) d'un secrétaire, et d'un dactylo. J'étais donc le troisième et l'on me confia le courrier à enregistrer.

 

                   les copains du PC à agauche  Bouch.... moi et le bricart chef Lev..     

Le troisième Cout.. n'est pas avec nous, il est assez spécial et j'ai l'impression que mon arrivée dans ce cercle d'amis lui a provoqué un peu de jalousie, il est relativement piquant dans un humour à retardement et avec moi ça passe mal. Il a un défaut de langage et peut être qu'il se doute que l'on en rit derrière son dos. Il n'arrive pas à prononcer les noms correctement, je suis Friscot au lieu de Fricot, Level est Levegue et Bouchez est Bouley, mais à part ça c'est un garçon sérieux, du reste il ne vient que pour taper le courrier,et repart à une autre tâche ensuite. C'est pareil pour moi, après mon travail à ce bureau, je dois aller me mettre à la disposition du Lieutenant médecin.  

Dans la cour il y a aussi Delb... le secrétaire du lieutenant du service de renseignements qui vient discuter avec nous dans les moments de pause. Il y a aussi Toch... un fils de colon qui vient pour les interrogatoires comme interprête et < le grand > ordonnance et cuisinier du colonel, sans oublier < barbu > le petit chien batardé Fox qui a sa place dans le bar du mess officiers, mais également dans le lit du grand et il ne fait pas de difference avec celui du colon 

                                         le grand à la porte du mess/bar des officiers

Officiers, sous officiers et la troupe se servent à la même cuisine. La difference est que pour le mess officiers comme pour celui des sous officiers, ils ont à leur disposition un cuisinier qui va chercher les rations ( bien sûr que les cuistots vont leur donner les meilleurs morceaux ) et ils sont arrangés ensuite et améliorés, avec les cotisations de ces bénéficiaires.

Pour la troupe si l'on veut on peut cotiser également pour une portion de lapin que des copains cuisinent  à la piaule et que l'on se partage.

Question enregistrement du courrier, ça n'a pas traîné. Le secrétaire m'a passé le registre, mais ma méthode de travail ne lui convenait pas. Employé de banque, il s'appliquait avec de belles accolades, des passages soulignés à la règle, il a donc repris son cahier fissa et l'on m'a confié une autre tâche.

Interessante, mais avec une certaine responsabilité. Je recevais du matin la consommation carburants et huiles des escadrons et postes de la responsabilité du secteur, ce qui représentait une dizaine de messages, il s'agissait de mettre à jour les quantités de leurs réserves, de centraliser dans un message global, que je portais aux< trans > à passer pour le SAT ( le secteur autonome de Tébessa )  

Rsponsabilité car s'il fallait organiser un convoi, avec escorte et ouverture de route, pour ravitailler un poste en carburant Hélico, alors que le cuve était pleine et que c'est celle pour le carburant chars qui en avait besoin, ça aurait posé de sérieux problèmes. 

Cette tâche terminée je devais rejoindre l'infirmerie pour seconder le médecin, mais avant, j'avais le temps de faire un tour dans le village, j'achetais à un étal une succulente galette au miel à 0.50 Fr et je rentrais au café maure déguster un excellent cawa à 0.50 Fr, j'achetais un paquet de cigarettes tunisiennes des < surfines > à 0.70 fr. Je n'appréciais pas trop les cigarettes fabriquées en Algérie, Mélia ou Bastos que je trouvais trop acres 

                                                  

                                                     SERVICE  DU  TOUBIB   

 

    La mechta où est installée l'infirmerie est bâtie autour d'une cour, on y pénêtre par une porte basse et de suite à gauche dans ce bâtiment il y a quelques lits superposés pour des malades et des blessés légers,la construction en longueur possède plusieurs pièces séparées, logement des deux médecins, celui du 6ème cuir et celui du RIA, la pièce pour la consultation et pour l'administration et enfin une pièce pour les soins par les infirmiers et le couchage de celui de permanence.

 C'est un infirmier de la SIM (section infirmiers militaires ) qui possède son diplôme du CADUCEE,  un Normand, ancien ouvrier agricole qui s'était engagé dans les paras ( bien qu'il prétende qu'il y a été appelé, ce que je ne crois pas ) toujours est-il qu'il a refusé de sauter. Quand ça arrive, ce sont des brimades constantes et si la situation n'évolue pas, ils sont virés des paras, et c'est comme ça qu'il s'est retrouvé à la section infirmiers et a du travailler afin d'obtenir ses diplômes et a été affecté dans ce service.

Je suis donc là pour seconder le médecin des Cuirs et j'ai un collègue Trec.. qui est de l'infanterie alpine pour le secrétariat du médecin de cette unité.

 
avec mon ami Trec...le secrétaire du RIA
le béret n'est pas à moi, c'est un vert d'un légionnaire parachutiste blessé,  une astuce que je ne connaissais pas, essaye si ça te va bien pour prendre une photo,
le résultat est qu'il faut payer une tournée

Les médecins sont des lieutenants qui doivent effectuer 15 ans dans l'armée, car leurs études ont été payées dans ces conditions, il devraient rembouser s'ils quittaient, ils sont donc là par obligation.                                                        

 
 
 
LE   MIRADOR
 
 Après le repas, je m'allonge sur mon lit tout habillé, puisque je suis de garde à 20 heures, je me plonge dans mes pensées et je suis près d'elle, je sens son parfum, sa peau si douce, ses migons
seins qui me font tant  d'effet, à admirer, à caresser , et ses lèvres pulpeuses qui délivrent des baisers torrides. Je contemple sa photo et je pense à tout ces moments merveilleux que nous avons vécus. Il est l'heure, par les cours et les ruelles j'arrive à ce poste de garde. C'est une plate forme avec quatre côtés et un toit, et on y accède par une échelle. Je me trouve donc au dessus
du poste devant moi au loin le djebel, je domine le garage de réparation des véhicule du RIA qui donne 500 m plus loin sur les mechtas, un goupe de maison occupé par le commando
d'intervention de ce régiment, et sur ma gauche, j'ai vue sur la tour qui contrôle la façade Nord.
En fait ce poste de garde ne sert pas à grand chose, puisque le RIA aux mechtas a ses sentinelles, pareil pour la tour, la garde à l'entrée du cantonnement et celle des TRANS
Vers le Sud, il y a la SAS ( service des affaires spéciales ) où deux sentinelles veillent, une sur le devant par un supplétif et un de chez nous dans une tour sur le derrière, qui surveille la campagne.Les tours de garde sont en décalé, quand le Moghazeni rejoint son logement pour qu'un de ses collègues aille le remplacer, le garde de la tour sud a encore une heure à veiller. Plus loin il y a la compagnie du RIA qui a ses sentinelles, au sud Ouest le premier escadron de Cuirs a les siennes, pas très loin un soldat veille sur la terrasse de la gendarmerie et pour finir, il y a la garde chez le GRPR ( groupement mobile de police rurale ) genre de harka et sur la terrasse du troisième étage de la gendarmerie, le seul immeuble du village, un poste de garde fourni par rotation des differentes unités, car les gendarmes étant sous officiers ne prennent pas la garde.
 
,En hauteur comme ça et bien protégé par un renfort de sacs de sable, abrité par un toit, il n'y a qu'à écouter les bruits de la nuit, on peut même fumer une cigarette, en position accroupie  et en la tenant dans le creux de la main.
 
La protection par les sacs de sable est efficace, car une balle arrive en vrille et en pénétrant dans le sable ou la terre, elle s'arrète sans le percer de part en part, ça évite également les éclats, de grenades, d'obus. Pendant la guerre des monuments comme des cathédrales étaient protégés par ces murailles de sacs.
 
Rien à signaler, la nuit est calme à part les aboiements des chiens dans le village, car contrairement à ce que l'on dit : les chiens aboient et la caravane passe. Ici c'est le contraire, quand on n'entend pas les chiens, il faut s'attendre à un harcèlement de poste, c'est qu'il y a une bande de HLL ( hors la loi ) qui transitent de la frontière Tunisienne ( qui n'est pas loin ) vers les Aurès.
 
 
                                                            INCIDENTS  AU  MIRADOR
 
Dernièrement vers 21 heures du mirador un coup de feu est parti, suivi de hurlements, nous avons couru voir ce qui se passait. Le gars en sentinelle venait de se mettre une balle dans le pied.
Comment a t-il bien pu faire ? il ne sait pas lui même.
Probablement qu'il a entendu quelque bruit, il a armé son fusil, et comme ce n'était rien, il l'a reposé sans activer la sécurité.
En reprenant son arme, il a accroché la queue de détente,  le coup est parti et la balle a traversé le pied.
Je ne l'ai pas revu après son séjour à l'hôpital
on ne saura pas si c'est l'accident ou si c'est volontairement, qui dans ce dernier cas amène de graves ennuis avec les autorités militaires.
 
                                                             DE GARDE AU  MIRADOR
 
Il n'y avait pas un intérêt stratégique pour ce poste de garde, car il donnait sur les intallation du garage et de réparation des véhicules.
 De là on accedait au poste avancé où était stationné le peloton d'intervention de l'infanterie.
Je m'ennuyais ferme ce soir là, il était vers les 23 heures d'une nuit sans lune, quand j'ai entendu un bruit de cavalcade du côté du garage, et j'ai aperçu des ombres qui couraient.
C'était à n'en pas douter des biffins qui s'étaient payés une petite escapade
Alors on allait rigoler,j'arme mon fusil Garant.
je fais les sommations d'usage, et je demande le mot de passe, comme ils revenaient du seul bistrot français du village et qu'ils avaient bien consommé, ils avaient complètement oublié le mot de passe ou même ne l'avaient jamais su.
J'ai donc appliqué le règlement qui était de tirer sur tout ce qui bougeait et ne s'identifiait pas.
Là, croyez moi ça s'est identifié, arrête c'est nous on rentre aux mechtas, c'était le nom donné à ce poste avancé.
Je le savais bien, c'est pour cette raison que j'avais tiré en l'air
On a bien rigolé, enfin surtout moi .
 
                                                            LA LUNE A TRAVERS LE MUR
 
 
 
    
                                  murdemechta
Il fait déjà nuit lorsque je quitte le bureau du PC, où je tiens la permanence, pour aller chercher
mon repas à la cuisine.Le cantonnement était constitué d'un groupe d'habitations et deux ruelles en L en marquaient les limites, ce qui fait que les murs des mechtas qui se trouvaient de l'autre côté constituaient une enceinte. Ils étaient assez hauts, construits de bonnes pierres et sur le fait étaient installés, un réseau de fils de fer barbelés en spirale et des tessons de bouteilles de verre pour la sécurité
J'avance sur le chemin, mes pensées sont là bas en France et tout en marchant je regarde ce mur impressionnant me faisant penser aux forteresses médiévales, et qui dégage un sentiment de sécurité.
C'est le soir,ce n'est pas la nuit noire, du reste c'est très rare car il y a de magnifique clairs de lune, il faut y réfléchir et pendant la garde, ne pas se mettre en évidence, car l'on devient une belle ombre chinoise à la mercie d'un tireur embusqué.
Justement une chose étrange attire mon attention, j'aperçois la lueur de la lune à travers le mur.
Je regarde de plus près et je m'aperçois qu'il manque une pierre à mie hauteur, ce qui n'est pas explicable.
Qu'elle soit tombée du sommet du mur, pourrait se comprendre, mais au milieu c'est étrange, surtout qu'elle n'est pas par terre.
Je retourne  dans les locaux qui servent au poste de commandement, et au fond de la cour je frappe à la porte de l'officier du deuxième bureau, responsable du renseignement et de la sécurité.
J'explique alors au lieutenant ce que je viens de constater, qui me paraît anormal.
Son étonnement est grand, de suite il vient avec moi pour constater ce problème.
Il a la même réflexion que moi, c'est tout à fait anormal. 
 
.
    
 
 

   CHERIA   LA  GENDARMERIE

 ATTAQUE  DE  NUIT  

 

                                                           

                                    

Cheria la gendarmerie, sur la terrasse un poste de garde la nuit

Tout était calme, je contemplais le village endormi, par ci par là un chien aboyaitSoudain,

plusieurs détonations

Les rebelles tiraient à l’arme automatique,  je ripostais dans la direction des départs de feux

La garde est montée en renfort, ainsi que les gendarmes sortis de leur sommeil

J’ai vu une grande flamme devant mes yeux

Et senti des petits bouts de ciment du sol en cliquetis sur mon casque lourd

 C’était ma première attaque, je ne comprenais pas, pensant à une grenade.

 C’était une balle, du fusil mitrailleur d’un gendarme, qui était partie

Par défaut de la procédure de sécurité de son arme.

Tout s'est calmé et le silence est revenu.

A la fin, le chef de poste est venu constater, il y avait une excavation

Dans le ciment à 20 cm de mes pieds

J’ai échappé à la mort cette nuit là

La garde se prenait alternativement par toutes les unitiés stationnées à Cheria, car les gendarmes étaient peu nombreux, ils y résidaient avec leur famille,  étant sous officiers, ne prenaient pas ces obligations. L'hiver le couvre feux étant à 18 h, le premier tour se prenait à 20 heures, c'est un camion qui dans la nuit nous conduisait, on ne voyait pas grand chose, ce n'est que virages et changements de vitesses qui pouvaient nous renseigner, car le douar était désert.

 Le camion s'arrêtait devant la grille, nous descendions et il repartait. Le chef de poste sonnait,

                                                             Un gendarme entreouvrait la porte demandait le mot de passe et venait ouvrir la gille qui était cadenassée. Tout les volets de fer étaient fermés à tous les étages. Derriére nous la porte était vérouillée et deux poutres entrecroisées en assurait l'inviolabilité, une véritable forteresse. Nous montions au troisième étage où une pièce était réservée pour le poste de garde.

 Pas de lits, le couchage des nattes, comme oreiller un sac de sable, je n'avais jamais expérimenté ce genre de choses. Cela isole du sol et du froid du carrelage, ce n'est pas confortable mais acceptable.

 Pour prendre mon poste de 22h à 24, on devait monter à l'étage supérieur, et par une petite porte pénétrer sur la terrasse. On dominait le village endormi et comme il faisait très froid, je recevais un peu de chaleur qui montait par les cheminées des appartements des gendarmes. C'était du chauffage au bois, et on entendait les conversations, sans comprendre, mais ça tient compagnie, on se sent moins seul.

 Plus de bruit la soirée prend fin alors il ne me reste plus qu'à faire les cent pas , le tour de la terrasse et voir que tout est calme.

Les chiens aboient, c'est un signe. Normalement on dit: les chiens aboient la caravane passe. Ici c'est le contraire, quand il se prépare une attaque, un harcèlement, j parce qu'un groupe rebelle doit passer pour gagner la montagne, la nuit est étrangement pesante, pas un bruit, pas un aboiement.

Je peux rentrer à l'intérieur pour avoir moins froid et attendre que le temps passe. Il y a des sacs de sable installés dans un coin de ce palier, je ne suis donc pas le premier à utiliser cette banquette improvisée. Ce qu'il faut c'est ne pas s'endormir, si quelqu'un montait pour vérifier, il fallait l'entendre arriver et sortir reprendre la surveillance.

En aspirant une bouffée de la cigarette, ça fait rougir le bout et ça permet assez de lumière pour consulter la montre, le temps ne passe pas vite quand on est seul éveillé dans la nuit. C'est avec soulagement que l'on entend monter celui qui vient remplacer, il arrive encore tout embué de sommeil, les consignes sont vite passées, tout est calme R A S, je peux descendre cet escalier afin de retrouver la chambrée où tout le monde dort.

Voilà ma natte, j'y avais laissé mon sac et une couverture. On ne peut pas dire que c'est confortable, mais ça isole bien du froid du carrelage, et le sac de sable pour oreiller, c'est dur et pas maléable Pour s'endormir par contre, impossible avec les pieds aussi glacés. La meilleure solution est d'enlever le gilet de peau de mouton et d'en entourer les pieds. Au bout d'un certain temps la chaleur s'installe, on peut alors le remettre sur soi et s'endormir pour le reste de la nuit.

A condition que sur la trentaine de postes de garde, il n'y ait pas une sentinelle qui décide pour s'amuser de tirer, car ça peut déclencher un tir général de toutes les autres. Sur quoi ? sur rien. Le bruit d'un galop de cheval dans la nuit suffit.

Le matin à 6 heures le camion vient nous chercher, et c'est par les rues désertes que nous traversons le douar pour rejoindre notre cantonnement, ballotés lors de ces nombreux virages au rythme de ces multiples changements de vitesses, il faut néanmoins ce tenir prèt à gicler et à riposter, au cas ou à la sortie d'un virage on aurait essuyé des coups de feu ou un jet de grenade.

Mais tout s'est bien passé, une nouvelle journée commence

                                                                            

                                                                         LA  S.A.S                       

                                                      Section  Administrative  Spécialisée             

                                                    devant la sas       

 

 Ce Bordj tout blanc habritait la SAS

 

 

                                                                             moghazni-2

Tags associés : Oued, djebel

Samedi 11 Décembre 2010 à 12h43 dans Blonde tu etaisPoster un commentaire
 

AMOUR TOUJOURS

 

        Un hélico vient de se poser sur le terre- plein derrière la tour, possible qu'il ait déposé un sac de courrier

                                                    

   Plus personne ne travaille, il y a effectivement du courrier, alors tout le monde tourne en rond, Le vago ( vaguemestre ) est parti conduire le courrier officiel, celui des officiers, celui des sous officiers et ensuite ce sera l'appel des noms des hommes.  Toutes les conversations sont basées sur cette attente.  du genre  < Cela fait un mois que je n'ai pas de nouvelles de ma petite chérie, tu crois que je vais en avoir > < probablement, tu sais bien qu'il n'y a pas de convoi quand il y a des opérations dans le secteur, et que les hélicos ont d'autres missions >

Voilà il l'a sa lettre!!!, et pour moi, j'ai été appelé sept fois, elle m'a écrit tous les jours et elles viennent d'arriver en paquet. De belles enveloppes longues portant au verso le code des amoureux MBBSTBA mille baisers sur ta bouche adorée, ornées d'une splendide empreinte de lèvres, très joli décor pour une lettre, mais quand on en voit passer sept, les copains commencent à charrier, assez moqueurs, surtout ceux qui n'ont pas de courrier. Les autres partent chacun dans leur coin avec leur trésor sur leur coeur

Je rentre à la piaule pour au moins lire une lettre, et ranger les autres en attendant de pouvoir les ouvrir toutes. C'est écrit sur du papier fin et en double copie, donc cela représente Huit pages de témoignages d'amour, d'érotisme et d'évocations de nos merveilleux moments d'abandon.

Celui qui attendait sa lettre, est assis sur son lit, le regard fixé sur la photo de sa belle, et d'un geste vengeur il la déchire et les morceaux jetés à la poubelle. C'est la rupture, le temps qui passe, l'ennui, la lassitude, les tentations du monde qui continue à vivre, et l'abandon du petit soldat des djebels. Sur les caisses à oranges qui servent de table de nuit, il y a dans un cadre la photo de la belle qui attend le retour de son compagnon.

Je réponds dès que cela m'est possible mais globalement car lettre après lettre ce serait la même prose. J'épanche du mieux possible le manque d'amour provoqué par la séparation et ma tendresse se mèle à la sienne et la rejoint en pensées voluptueuses par delà l'océan

Les empreintes de lèvres au rouge sur mes enveloppes ont donné des idées à certains de mes compagnons d'armes. Ne sachant pas écrire on m'a demandé de faire des lettres pour envoyer à la petite qui attendait au Pays, le retour de l'aimé. J'ai accepté en employant les mêmes termes que ceux de mes propres lettres. A la lecture ils en ajoutaient et cela devenait de véritables appels des corps martyrisés par ce manque d'amour.

Quand la réponse arrivait, elle était souvent une communion totale d'un couple séparé, mais dont les pulsions s'exprimaient par des mots simples et crus.

Il me semblait que je recevais un peu moins de lettres, ce qui se comprenait car le sujet s'épuisait, Mais ce qui attira mon attention est que je trouvais certaines expressions que nous n'avions pas eu l'habitude d'employer, et quand il s'agit d'amour ou de caresses cela provoque une interrogation, une angoisse et l'installation de doute.

Je n'en faisais pas état dans mes réponses mais je me sentais assez gêné de lire des choses qui me semblaient écrites pour un autre.

 

  

Tags associés : Amour

Jeudi 06 Janvier 2011 à 12h23 dans Blonde tu etaisPoster un commentaire
 

ALGERIE

 

                                                                       

  LA    MUSULMANE

                                                              Il est 14 h, une route étroite monte en pente douce vers la ville qu'on aperçoit le bas.
    C'es l'Algérie, en plein été 40 à l'ombre, mais pas d'ombre.
    Le chemin est désert, d'un côté une plantation anarchique de cactus géants, de la hauteur d'un homme, de l'autre, du sable,des cailloux,de la pierre, de la poussière ocre
    Le soleil inonde ce chemin, la chemise colle à la peau, les gouttes de sueur ruissellent.
    Chaleur écrasante, pas un nuage, aucun bruit que celui des criquets.
    Deux soldats avancent, traînant les pieds, moi derrière je progresse encore plus nonchalant.
    Soudain descendant ce chemin, un homme marche d'un bon pas, derrière à distance  respectueuse comme le veut la coutume, une silhouette, tout de blanc vêtue, voilée, marche d'un pas léger.
    Mes deux compagnons, forts de leur bêtise, lancent quelques quolibets, de mâles en manque, et s'éloignent.
    L'homme me croise en m'ignorant.
    Et là, un sentiment jamais rencontré me saisit.
    D'elle, je ne voyais que ses yeux
    Des yeux qui sont toujours magnifiques, car seules possibilités de l'expression de la beauté!  Ils sont maquillés et expriment à eux seuls, des sentiments, des désirs, ou même le reflet de l'âme.
    Nos regards se sont fondus, sans pouvoir se détacher.
    Ni elle, ni moi, n'avons ni pu, ni voulu, rompre ce contact.
    C'était du reste impossible, une osmose totale.
    Il y avait pénétration, acceptation, retour, insistance et affirmation.
    Juste à ma hauteur, une fine main, belle comme celle d'un ange, au poignet délicat, cerclé de bracelets ciselés, et finement travaillés.
    A écarté d'un geste élégant; Ce voile qui cachait un visage d'une sublime beauté.
    Et un magnifique sourire m'a été offert.
    Un sourire chaleureux, heureux de me faire ce plaisir, un sourire qui n'avait rien de méprisant, mais au contraire, tout en douceur, et en accord avec ses yeux.
    Puis le voile s'est refermé.
    Qu'a-t-elle, voulu me dire ?
    Depuis que j'y pense, je l'ai interprété de mille façons
    Mais la plus logique est,  je pense:
    Tu veux me voir? Tiens regarde
    Vois, comme je suis jolie.
    Regarde et souviens-t-en, toute ta vie.
    C'est la seule explication, car depuis, je n'ai jamais oublié.
    Pourquoi, m'a-t-elle fait ce don gracieux, gratuit et charmant ?
    Qui était-elle? Qu’est-elle devenue, ou est-elle, que fait-elle?
                                     Mystère

 

                                                       HAMAR

                           

                       


C'est tout à fait normal que l'on aime son pays natal, mais pour moi c'est un autre sentiment puisque j'en suis étranger.
Quand on arrive dans un pays que l'on ne connaît pas, on découvre:
un environnement différent
Des coutumes différentes et des gens que l'on considère comme hostiles ( cause de guerre d'indépendance >
puisqu'ils sont impliqués ( partisans ou non )
( volontaires ou obligés )
risquant leur vie de toutes façons quoi qu'ils fassent
Ils sont otages d'un côté comme de l'autre
< si tu ne parles pas > tu risques de mourir
< si tu parles > ce sont tes frères qui te tueront >
Alors quand on comprend ça, on est à plaindre ce peuple qui souffre
Et on comprend mieux les choses
On s'adapte aux circonstances
On vit au milieu des gens
On s'arrange pour que la vie ne soit pas trop difficile en participant dans la mesure de ses possibilités
On se fait des amis ( Hamar ) qui m'offrait le café le matin à la garde
Il demandait si on n'avait pas du linge à laver
Dans ces cas là, c'était sa mère et ses soeurs qui le faisaient
On le payait en boite de conserves, sardines et autres.
Alors Hamar était-il < un traître à son pays ? >
Non pas du tout
Car les boites de conserves, ce n'était pas pour lui, elles partaient dans des musettes aux maquis.
Comme les cachets qu'il me demandait parce qu'il avait mal à la tête
< mais il avait souvent mal à la tête >
Alors je suis retourné chercher un verre d'eau et un cachet et j'ai dit
tiens Hamar bois ça va te faire du bien.
Il a saisi que j'avais compris.
Alors était-il un traître vis à vis de moi ?
Non, car il n'avait pas d'autre solution que d'obéir aux ordres pour la sécurité de sa famille et de sa propre sécurité.
On vit alors dans ce village et avec ses habitants
La galette au miel que l'on mange tous les matins 0.10 centimes de francs de l'époque
Le cawa bu au café maure 0.10 centimes également
Un paquet de cigarettes tunisiennes valait 70 cm pour vous donner une idée
Les oeufs frites que l'on allait manger ( cause un peu saturé de manger du mouton )
Et donc la vie dans le village continuait
Avec < les séries de piqûres que l'on allait faire dans les mechtas >
Les soins que l'on donnait
< trois femmes qui étaient brûlées à cause d'une explosion d'un réchaud à alcool .
Que nous allions chercher avec l'ambulance
Car il n'était pas question qu'elles traversent le village < la coutume l'interdisait >


Ensuite les promenades dans le village, dans le bois
Les courses avec les tortues d'eau au bord de l'oued

Le match de football entre les jeunes du village et les militaires.

Voilà comment on arrive à aimer un village où l'on y vit pendant un an, et les gens qui y habitent


 

 

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Dimanche 01 Mai 2011 à 13h20 dans Blonde tu etaisPoster un commentaire
 

DESTIN

 

                                                           DESTIN  

Le courrier vient d'arriver, je n'ai qu'une lettre et c'est celle de mes parents, qui m'expliquent comment ils ont du prendre la décision, de renvoyer, celle qu'ils avaient accueillie comme leur belle fille et qui trahissait leur confiance.Elle était tout pour moi et était devenue de ce fait, aussi tout pour eux.

Depuis que nous sommes là, les photos sur les tables de nuit ( en caisses à oranges ) disparaissent les unes après les autres.L'absence est pénible pour les amoureux. Les filles au pays se languissent et le petit bal du samedi soir, comme les messages d'amour par le biais de la radio, ne calment pas leurs désirs.

C'est à mon tour de sortir cette magnifique image de son cadre, d'en faire des menus morceaux à mettre à la poubelle. C'était le vent du désert qui soufflait sur mon coeur, le même qui en ce moment rendait l'atmosphère irrespirable.

Je sors pensant calmer ma douleur, et  mais c'est difficile, l'air est chaud et étouffant, je vais au mirador, et là bas aux confins du plateau je vois une colonne noire qui monte vers le ciel. Elle se déplace lentement, c'est une sorte de tourbillon géant qui avance inexorablement. Je retourne à la chambrée me mettre à l'abri,et soudain c'est l'évènement.

Le nuage de poussières entre par tous les orifices, et tourbillonne dans la chambrée, on est étouffé, ne on ne peut plus respirer, une seule solution est de s'acroupir, de saisir le cheich qui était, encore une chance à portée de la main, et de ce fait, se protéger les yeux et pouvoir un peu respirer à travers le tissu, c'est le véritable vent du désert qui passe chargé de toutes le poussières et du sable recueillis sur son passage

La porte a été arrachée de ses gonds, la poubelle a été soufflée , son contenu éparpillé et mes lambeaux de papier  sont partis en emportant mes derniers souvenirs.

Me voilà seul et d'une façon tout à fait inattendue. Suivant les explications des personnes l'avaient vue, mal se tenir avec un petit voyou bien connu pour sa paresse et mêlé à des histoires louches. Sérénades et mandoline, je comprends alors pourquoi dans une de ses dernières lettres, Nicole faisait tant d'éloges au sujet d'une chanson en vogue sur le thème du bambino.

Mes parents après vérifications des faits ont dû prendre la décision pénible de la laisser mener sa vie comme elle l'entendait et donc de la prier de quitter notre famille. Même si ça m'est difficile, je ne peux qu'approuver leur décision, qui est  de me protéger.

Du reste son aventure n'a pas été bien loin, dans des petites villes tout se sait rapidement..Deux jolies filles qui dans un  hôtel borgne, vendent du plaisir à leurs clients ne pouvaient pas espérer faire une longue carrière dans la prostitution.La police a fait le necessaire.

Je suis donc désormais, seul, lamentablement seul ,et si loin de chez moi

 LA COUPURE DE PRESSE

 

                       scan en image pour journal paint.JPG

 

 

 

 

 

                                                                                   

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Mardi 30 Août 2011 à 16h51 dans Blonde tu etaisPoster un commentaire
 

MAINTENANT: seul avec mes pensées

Je dois réfléchir, ne pas me laisser gagner par une mélancolie destructrice, faire un point fixe et envisager mon avenir sans mon amour perdu. La vie doit continuer, il n'est pas possible d'oublier, mais il ne s'agit pas de s'enfermer avec son chagrin mais surmonter et continuer à s'assumer.

A l'arrivée du courrier, alors qu'avant j'avais trois ou quatre lettres, je n'ai plus maintenant que celles que mes parents m'envoient, avec toutes les recommandations nécessaires à mon soutien.

seul, désormais

 

 

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